Louveteau

Définition et enjeux

Portrait de Jack London Jack London Croc-Blanc (1906)

Le louveteau n’avait jamais vu d’homme, et pourtant l’instinct de l’homme était en lui. Dans l’homme il reconnaissait obscurément l’animal qui avait combattu et vaincu tous les autres animaux du Wild. Ce n’étaient pas seulement ses yeux qui regardaient, mais ceux de tous ses ancêtres, prunelles qui avaient, durant des générations, encerclé dans l’ombre et la neige d’innombrables campements humains, épié de loin, sur l’horizon, ou de plus près, dans l’épaisseur des taillis, l’étrange bête à deux pattes qui était le seigneur et maître de toutes les choses vivantes.
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Portrait de Jack London Jack London Croc-Blanc (1906)

Le louveteau, et ce fut pour lui, à l’avenir, une leçon, vit la plongée du faucon, qui passa comme un éclair, ses serres entrées dans le corps du ptarmigan, les soubresauts de la victime, en un cri d’agonie, et l’oiseau vainqueur qui remontait dans le bleu, emportant sa proie avec lui.
Ce ne fut que longtemps après que le louveteau quitta son refuge. Il avait beaucoup appris. Les choses vivantes étaient de la viande et elles étaient bonnes à manger. Mais aussi les choses vivantes, quand elles étaient assez grosses, pouvaient donner des coups
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Portrait de Jack London Jack London Croc-Blanc

LE LOUVETEAU GRIS
Il différait de ses frères et sœurs. Leur fourrure trahissait déjà la teinte rouge qui était un héritage de leur mère. Lui au contraire, tenait entièrement du père. Il était le seul louveteau gris de la portée. Sa descendance de l’espèce loup était directe. Il n’avait avec Un-Œil d’autre différence que de posséder ses deux yeux, au lieu d’être borgne.
C’est par le toucher que le louveteau, avant que ses yeux se fussent ouverts, acquit la première notion des êtres et des choses. Il connut ainsi ses deux frères et ses deux sœurs.
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