Paul-Ernest de Rattier

Élements biographiques

Paul-Ernest de Rattier,  Nouveaux chants prosaïques (1864)

“ Encore ce fantoccino.
Encore, encore !... Tu t'encourages ainsi à de nouvelles déceptions. Je m'invite ainsi à de nouvelles railleries du destin.
Mais comme on est ingénieux à se prouver à soi-même la thèse malheureuse que l'on désire, la thèse qu'on préfere à la vérité!
L'erreur est bien plus aimable; la vérité est bien trop sérieuse, et dans son cloître sévère ne logent guère les fantoccini.
J'ai besoin d'une naïade dans mon onde, d'un génie famillier à côté de mon inspiration, d'une âme dans mon âme, d'une autre vie dans ma vie.
”
Source : Gallica

Paul-Ernest de Rattier,  Nouveaux chants prosaïques (1864)

“ La vie se passe, les années s'écoulent, les cheveux se raréfient et il y neige dessus.
Mais au diable la pensée que nous avançons vers le pôle fatal. Au contraire nous reculons toujours vers le berceau; n'est-ce pas ce que tu me dis, illusion, ma mie, douce traîtresse, séductrice au front rose que je veux toujours baiser, n'est-ce pas ce que ton regard de feu toujours jeune me dit et me chante sur toutes les gammes!
A chaque mois d'avril, il me semble que j'ai une année de moins sur le dos, dans les cheveux et dans le cœur.
”
Source : Gallica

Paul-Ernest de Rattier,  Nouveaux chants prosaïques (1864)

“ Il faut encore des liqueurs plus meurtrières. Cognacs, rhums, alcools coulent dans les poitrines ardentes comme une rivière coule dans la prairie. Et après que cette eau de feu a laissé encore quelques vies, que reste-t-il, grand Dieu, que reste-t-il !
Alors les quelques hommes dont la terre porte l'agonie s'ouvrent les veines et boivent leur sang.
Merci, Créateur et Père, nous avons encore cette eau rouge pour nous désaltérer, oh ! buvons, buvons.
C'est la dernière ivresse.
Un petit nombre de femmes dont le lait est
mort avec l'eau viennent au sommet des plus hautes montagnes.
”
Source : Gallica

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