Blanche Sari-Flégier

Blanche Sari-Flégier

Résumé

Portrait de Blanche Sari-Flégier Blanche Sari-Flégier Visions d'épopée : poésies (1897)

A qui donc jappez-vous?... Est-ce à la lune d'or Qui met sur vos manteaux de poils toute sa gloire ?
Vous voyez-vous, en songe, allant à la victoire, Devant Diane fière, au bruit joyeux du cor Dont la fanfare claire, au loin, résonne encor, Tandis que vous montrez vos luisants crocs d'ivoire ?
Or, votre rêve est vain... la lune, dans la nuit, Comme une nef d'argent vogue, vogue sans bruit... Sa fuite remet l'ombre au seuil des bergeries...
Mais l'Aurore, pour vous, va sonner le réveil, Afin que vous alliez, par les landes fleuries, Veiller sur les troupeaux paissant sous le soleil !
Source : Gallica

Portrait de Blanche Sari-Flégier Blanche Sari-Flégier Visions d'épopée : poésies (1897)

J'ai entendu sa plainte sur le bord de la grève, et je suis venue m'asseoir à ses pieds. Et mes bras se sont tordus d'angoisse devant l'immensité qui nous sépare, ô mon bien aimé!... « Te reverrai-je jamais ?...» Dans un cri de désespoir ces mots sont sortis de mon sein ; le vent les a pris, au loin, sur l'onde amère où la mouette, insouciante de la tempête, se balance. O douleur ! ... Un écho mystérieux et lointain a répondu : « Jamais ! ». « Jamais !... » a sangloté la mer. « Jamais !... » a murmuré l'oiseau. Et mon coeur a répété sourdement : « Jamais !...»
Source : Gallica

Portrait de Blanche Sari-Flégier Blanche Sari-Flégier Visions d'épopée : poésies (1897)

Le cor du chasseur a retenti dans la nuit sombre, et a réveillé l'écho qui lui répond en gémissant. La biche qui dormait légère sur la mousse a tressailli. Ses oreilles se sont dressées d'épouvante ; elle presse contre son sein palpitant son faon timide. Mais vain est son émoi, et, dès l'aube, il tombera, le jeune faon, sous les traits meurtriers du chasseur, et son sang teindra de pourpre la bruyère aux fleurs flétries.
Ainsi, pleine de crainte devant le destin, je gardais au fond de mon coeur mon amour... Mais nul ne peut fuir le destin, ô mon bien aimé !...
Source : Gallica

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