Stéphen Liégeard,
Les Grands coeurs
(1882)
“ De la bouche altérée elle approche son sein, Et la tendresse, à flots, avec le lait s'épanche : Ses baisers sur l'élu descendent, tiède essaim ; Leur vol, en se jouant, sèche les pleurs moroses ; Pour ce fils, son orgueil - hélas ! et son effroi, Elle craint jusqu'au pli de la feuille des roses... Et cependant le voudrait roi 1! Roi, certes il va l'être, - éternel, quand tout passe, Roi de par son génie et non moins par son coeur, Roi, tel que l'aigle altier, alors qu'il fend l'espace, L'aile sur tout sommet, l'ongle sur tout vainqueur : Roi de ces pics sacrés que l'orage environne ”
