Ferdinand Chenu, En Tarentaise, chants et poèmes… (1910)
“ Dépouillez les champs sans relâche De leur riche manteau de blés. Il faut qu'on me coupe et me broie. Moi, le fier épi jaunissant ; Homme frappe : je suis ta proie ; Je serai ta chair et ton sang. L'heure est venue où la Nature, Soldant sa dette avec bonté, Fait de l'épi la nourriture Dont doit vivre l'Humanité. Au Maître puissant de la terre, Mortel, rends hommage en tout lieu ; Contemple, adore ce mystère : Je suis le pain, je deviens Dieu !. - A travers la moisson penchante, Qui semble une mer par moment, La brise souffle et l'épi chante. ”
