Résumé

Portrait de Georges Lafenestre Georges Lafenestre Oeuvres de Georges Lafenestre. Poésies… (1889)

Le mot vole en éclats, brisé par la pensée, L'écho ne répond plus au tumulte du cœur.
Tels, quand notre âme en deuil d'une atroce douleur, Comme un chêne d'un coup de foudre, est traversée, Longuement nous tremblons, muets, face glacée, Sans force pour la plainte et sans trouver un pleur.
Pour l'homme, humble et petit, la surprise est la même, Que le malheur l'étreigne ou la félicité : Devant le grand mystère il reste épouvanté.
Un mot seul, vague et sourd, monte à sa lèvre blême, Le mot banal que tous ont dit : « Je souffre, » ou : « J'aime ! »
Mais ce mot tient le monde en son éternité !
Source : Gallica

Portrait de Georges Lafenestre Georges Lafenestre Oeuvres de Georges Lafenestre. Poésies… (1889)

« Le vrai, c'est la vie et non le sommeil.
J'ai peur de la nuit en voyant l'aurore.
Mon cœur qui battait bat plus vif encore, Le baiser profond qu'on prend au réveil Est seul bien sonore.
« Il n'est rêve doux qui vaille l'amour, Le printemps du cœur, le printemps des choses, Et dans l'herbe fraîche où s'ouvrent les roses, Les frémissements ardents du grand jour Sur deux lèvres closes;
« Je veux te bien voir, t'entendre, t'aimer; La terre au loin chante, ardente et ravie, Dans l'avenir froid la mort nous envie : Respirons la fleur qui peut embaumer, La fleur de la vie 1 »
Source : Gallica

Portrait de Georges Lafenestre Georges Lafenestre Oeuvres de Georges Lafenestre. Poésies… (1889)

COMME une caravane en marche dans le sable Que poursuit sans relâche, aux longs jours de l'été,
L'œil fixe et grand ouvert d'un soleil implacable Fatiguant l'horizon de sa sérénité,
Dans la paix des baisers, près d'un amour durable, Quand l'homme au cœur joyeux s'est longtemps arrêté, Son bonheur tout à coup l'épouvante et l'accable ; Il n'en redoute plus que l'immobilité.
A la morne étendue il réclame un nuage, La fraîcheur d'une brise, un grondement d'orage, Sous sa paupière sèche il appelle des pleurs :
Car la souffrance seule, hélas !
Source : Gallica

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