Résumé

Portrait de Louisa Siefert Louisa Siefert Le Parnasse contemporain/1876

Marthe, aimez-moi, je sens que je vous aime.
— Oh ! monseigneur, vous en ririez vous-même. »
La tête d’un lézard surgit,
La fraise dans l’herbe rougit.
« Croyez-vous donc mon amour éphémère ?
— Mon beau seigneur, j’en croirai ma grand-mère. »
La petite bête à bon Dieu
Vole et miroite, rouge et feu.
« Qu’un seul baiser, Marthe, ici nous engage !
— Mon cher seigneur, un seul, pas davantage ! »
Sur la source, au bord du sentier,
S’effeuille une fleur d’églantier.
« Marthe, à demain, au seuil de votre porte !
— Mon doux seigneur, le ciel vous fasse escorte ! »
Est-ce un rêve ?
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Portrait de Louisa Siefert Louisa Siefert Le Parnasse contemporain/1876

Parfois un rameau vert sort d’une vieille écorce !
SNORRA.
Dors plus loin ton sommeil par l’ivresse épaissi.
SNORRO.
Pourquoi Snorra, ce soir, m’est-elle rude ainsi ?
Veut-elle qu’on la prie et qu’on la complimente ?
Toi qui fus d’un vieillard la compagne clémente,
Comme la polémoine au flanc du glacier dur
Pour parfumer la neige ouvre sa fleur d’azur ;
Gardienne au cœur zélé des celliers économes,
Qui fermes ton vadmel aux yeux des jeunes hommes,
Et n’ouvres point l’oreille à leurs propos hardis,
Femme ! un fils te naîtra de moi, je te le dis !
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Portrait de Louisa Siefert Louisa Siefert Le Parnasse contemporain/1876

L’éternité du sage est dans les lois qu’il trouve ;
Le délice éternel que le poëte éprouve,
C’est un soir de durée au cœur des amoureux !
Car l’immortalité, l’âme de ceux qu’on aime,
C’est l’essence du bien, du beau, du vrai, Dieu même,
Et ceux-là seuls sont morts qui n’ont rien laissé d’eux.
Ô victimes, plus d’un peut-être vous jalouse,
Qui, de peur de languir et que l’oubli ne couse
Sur son œuvre tardive un suaire étouffant,
Laisserait bien trancher sa destinée obscure
D’un pareil coup de faux, dont l’éclair transfigure
L’ombre d’un front sans gloire en nimbe triomphant !
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