Résumé

Portrait de Daniel Lesueur Daniel Lesueur Poésies de Daniel Lesueur

Ce qu'il t'importe, à toi, Nature, ô froide reine! Ce n'est pas que mon cœur s'assouvisse ici-bas:
Qu'il s'épuise et qu'il saigne en d'horribles combats,
Tu n'en souris pas moins, implacable et sereine.
Ce qu'il t'importe, à toi, c'est que la moindre graine
Trouve un sol favorable et germe sous tes pas.
Ton éternel souci, qui ne me connaît pas,
N'a pour but que la vie obscure et souveraine.
La vie!... Et que ce soit la mienne, avec ses pleurs,
Ou l'humble éclosion des bêtes et des fleurs,
Ou le rayonnement des astres dans l'espace,
Nature, ton ardeur et tes soins sont pareils.
Source : Gutenberg

Portrait de Daniel Lesueur Daniel Lesueur Poésies de Daniel Lesueur

J'oublierais!... Mais quel bien me resterait sur terre,
Puisque vous êtes loin, puisque tout doit finir,
Puisque aujourd'hui déjà mon âme solitaire
N'a plus qu'un souvenir.
J'en réveille l'ivresse et frémis, car je songe
Que ce cher souvenir, seul, n'est point incertain;
Gardé par le Passé, dans lequel mon œil plonge,
Il échappe au destin.
Mais l'espoir, qui vous suit sur votre longue route,
Qui vous ramène à moi tel qu'au soir des adieux,
Dépend de l'Avenir, dont j'épie avec doute
Le mot mystérieux.
C'est pourquoi j'éternise une heure passagère,
Où mon cœur doucement a cru vous deviner
Source : Gutenberg

Portrait de Daniel Lesueur Daniel Lesueur Poésies de Daniel Lesueur

Le cœur humain, gonflé d'espoir et de colère.
Si tout n'est pas perdu de l'œuvre séculaire,
Nous lutterons encor, jour à jour, en chantant,
Pour porter jusqu'aux cieux l'édifice éclatant
Du progrès éternel, que le temps accélère.
Hélas! le besoin vil d'apaiser notre faim,
La lutte pour la vie, est la suprême fin
Vers qui tend tout l'effort de nos âmes hautaines.
L'esprit subtil y va par des chemins divers,
Et, malgré la fierté des visions lointaines,
Nos douleurs sont sans fruit pour l'immense univers.
Source : Gutenberg

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