André Cazamian

Résumé

André Cazamian Les feuilles de l'arbre : poésies (1920)

Plus haut que ton atteinte il met sa volupté,
L'eau que tu crois tarir chante et rit dans sa vasque.
Rayon que donne à l'âme humaine la Beauté !
Le Temps n'existe plus pour celui qui vous aime, Dans le fond de ses yeux il voit l'Éternité
Et son rêve renaître en un autre soi-même.
Ceux-là, d'avoir souffert...
CEUX-LA, d'avoir souffert et connu l'injustice, Se plaignent du destin;
Il faut, sourd à l'amour, que leur esprit maudisse Chaque nouveau matin.
Si leur cœur ne fut pas aussi haut que la vie, D'elle ils n'ont que mépris
Source : Gallica

André Cazamian Les feuilles de l'arbre : poésies (1920)

Mais l'Art, la fleur de l'âme heureuse, Laisse éclater son fort parfum Et de chaque heure douloureuse Vient parer le rêve défunt,
Dans le ravissement de cela qui demeure Alors que tout s'altère et meurt, heure par heure.
Purification de l'esprit par le feu,
Sacrifice incessant de l'être vers son dieu,
L'Art nous donne ses fruits et refleurit sans cesse, Il est l'orgueil des jours de doute et de tristesse.
Qu'autour de toi, ce qui t'approche, et participe A ta vie, en soi porte un désir de beauté.
Vois ! le chagrin léger qui venait se dissipe Dans le rayonnement de ta joie, ô clarté!
Source : Gallica

André Cazamian Les feuilles de l'arbre : poésies (1920)

Sera-t-elle un anneau de cette grande chaîne Que prend, pour se guider dans sa course incertaine, Le navire qui va, par le destin poussé,
Pour faire, à l'avenir, frapper l'or du passé? Son heure sera-t-elle, hélas! ainsi que l'heure Qui passe sans laisser d'espoir dans la demeure? Le mystère de l'être et de l'éternité Les étreint devant toi, lambeau d'humanité! Graves, se rappelant que la Mort est jalouse, Le cœur de l'époux vient sur celui de l'épouse, Et tous deux ils ont su, dans cet instant béni, Pour comprendre la Vie, en sentir l'infini !
Source : Gallica

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