Auguste Angellier

Auguste Angellier

Résumé

Portrait de Auguste Angellier Auguste Angellier À l’amie perdue

L’instant vague et toujours lointain de te revoir,
Tu connaîtrais, dis-tu, ce que tu veux savoir.
XLVI
Si mon amour n’est point l’amour que tu rêvais,
S’il a failli d’atteindre au faîte de ce rêve,
Si ton souhait de cœur par dessus lui s’achève,
S’il n’est point le rayon des jours bons ou mauvais.,
S’il n’enveloppe point l’horizon de tes vœux,
S’il reste, dans son cercle immense de tendresse,
Un seul point entr’ouvert par lequel apparaisse
Un azur plus lointain où t’entraînent tes yeux
Source : Wikisource

Portrait de Auguste Angellier Auguste Angellier À l’amie perdue

tu triompheras, ô noble bien-aimée !
De cet amour sacré qui fait saigner ton âme
Sort infailliblement et s’écoule un dictame
Par lequel tu seras guérie et parfumée !
Tes enfants grandiront, hélas ! entre nous deux :
Leur vie, ainsi qu’un mur tourné vers le soleil,
Dont les bourgeons éclos font un rideau vermeil,
Montera, te cachant mon destin ténébreux ;
Tu songeras, de moins en moins, que ma pensée
Meurt de l’autre côté, fleur dans l’ombre blessée ;
Dans ton cœur lentement tu redeviendras seule ;
Et cette floraison dont une âme d’aïeule
S’emplit aux premiers mots confus d’un petit-fils,
Source : Wikisource

Portrait de Auguste Angellier Auguste Angellier À l’amie perdue

Dès que l’argent de l’aube au bord des flots ondule,
Jusqu’au soir brusquement dans la nuit submergé.
Et cependant mon cœur, de regrets affligé,
Lassé d’azur, soupire après le crépuscule
Où le jour lentement au fond du ciel recule,
Comme un espoir pâli qui meurt découragé.
O la mélancolie immense de nos plaines.
Quand de grises vapeurs flottent sur les saulaies,
Que de pourpres clartés, tristes et incertaines,
Trament sur les étangs parmi les oseraies,
Et qu’entre des toits bas et des meules lointaines
Le mince croissant d’or se lève au ras des haies.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature