Résumé

Portrait de Léon Dierx Léon Dierx Œuvres complètes de Léon Dierx

Combats ou pleurs que nous taisons !
Le jour s’en va. Le bleu du ciel pâlit. C’est l’heure
Tranquille. — Un souffle ; un seul. — Souffle étrange ! — Il m’effleure
Et s’éteint. — Je soupire et pense à lui. C’était
Un toucher ! — Le soleil s’engouffre. Tout se tait.
L’ombre augmente. La route est longue, la nuit, proche.
Elle arrive. Elle monte en nous, comme un reproche.
Il venait de très loin, ce souffle ! J’en frémis.
Il semblait expirer en moi. Je l’ai transmis ;
Où donc ? Vers qui ? — Mon cœur bat avec violence.
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Portrait de Léon Dierx Léon Dierx Œuvres complètes de Léon Dierx

Les doigts de l'invisible et lugubre sculpteur
Qui sur les corps quittés se délecte et s'obstine.
Celle qui, m'opposant l'allégresse enfantine,
Par ses yeux où mourait mon plus charmé désir
M'apprit l'horreur de voir les étoiles s'enfuir ;
Celle-là dont l'empreinte au fond de ma pensée,
Le jour où je jurai de l'avoir effacée,
S'installa plus riante et défiant l'oubli ;
Celle-là n'était rien que le songe aboli
Dans l'éparse vapeur de larmes bien taries.
Mais le fleuve est plus large, amour, où tu charries
Aujourd'hui mon trésor plus splendide au néant !
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Portrait de Léon Dierx Léon Dierx Œuvres complètes de Léon Dierx

Nyssia, de tes yeux. »
Et Nyssia sourit : « Vis ou meurs, que m'importe !
Dit-elle, maintenant que tressaille à son tour
Dans mes yeux l'immortel reflet de ton amour.
Oui, c'est vraiment ton âme, au fond de cette eau morte,
Ton âme, que j'emporte ! »
Et l’eau se referma sur elle ; un souffle erra
Longtemps au bord du lac, le souffle de son rire.
Et moi, je vois au fond mon reflet qui m’attire
Et qui, lorsque ma vie à la fin s’éteindra,
Sous l’eau me survivra.
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