Louis Ménard,
Le Parnasse contemporain/1866
“ L’antre n’a plus de voix, les arbres dans les bois N’ont plus de voix, ni l’onde où tu buvais, poëte ! Et la mer est muette et la terre est muette, Et rien ne te connaît dans le grand désert bleu Des cieux, et le soleil de feu n’est plus un dieu ! Il ne te voit plus. Rien de ce qui vit, frissonne, Respire ou resplendit, ne te connaît. Personne A présent, vagabond, ne sait d’où tu venais Et ne peut dire : c’est l’homme. Je le connais. La nature n’est plus qu’un grand spectre farouche. Son cœur brisé n’a plus de battements. Sa bouche Est clouée, et les yeux des astres sont crevés. ”
