Résumé

Portrait de Léon Valade Léon Valade Le Parnasse contemporain/1869

Mon cœur est assez grand pour contenir le monde
Et mon âme est sans fond comme la vaste mer.
— Moi, j’ai l’âme de bronze & j’ai le cœur de fer.
Et je suis rude à l’homme & je n’aime personne
Ni rien, que mon carquois à mon flanc qui résonne.
— Moi, je suis pour chacun le grand consolateur,
Et quand je mets la main sur le front du malheur,
Il y sent la fraîcheur de la rosée en larmes.
— Moi, je n’ai que ma trompe & je n’ai que mes armes.
Que mon épieu qui troue & ma lame qui mord ;
Lorsque j’ouvre la main, il en tombe la mort.
— Moi, sans cesse ici-bas à l’homme je me fie.
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Portrait de Léon Valade Léon Valade Le Parnasse contemporain/1869

Ton souffle égal & lent fait comme un bruit de rame :
— C’est ton rêve qui fuit vers des bords enchantés.
Repose sans remords, ô cruelle maîtresse !
Ignore dans mes bras les pleurs de ma caresse,
Car tu n’es pas ma sœur, cœur à peine vivant !
Mais quand la nuit a clos tes paupières meurtries,
Quelle pitié des cieux pour les choses flétries
Te rend, sous mes baisers, le sommeil d’un enfant ?
V
Que ne suis-je le rêve où ton âme me fuit,
Quand l’haleine de fleur dont ta bouche est baisée
Se berce au rhythme lent de ta gorge apaisée,
Dans la tranquillité profonde de la nuit !
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Portrait de Léon Valade Léon Valade Le Parnasse contemporain/1869

Trempé de sa rosée & teint de ses couleurs.
O misère ! La froide brume
Appesantit mon rêve avec le front des bois.
O splendeur ! L’aube qui s’allume
Dans tous les plis du cœur m’illumine à la fois.
Hors de moi s’enfuit quelque chose
Sur le cours d’eau, sur l’aile agile des ramiers,
Je sens rire en moi, blanche & rose,
La floraison d’avril tremblant sur les pommiers.
Avec les grands pins que tourmentent
Sur leurs pics de granit les ouragans hurleurs,
Soudain, mes pensers se lamentent,
Et se dressent, d’un jet, vers d’étranges hauteurs !
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