Léon Valade,
Le Parnasse contemporain/1869
“ Mon cœur est assez grand pour contenir le monde Et mon âme est sans fond comme la vaste mer. — Moi, j’ai l’âme de bronze & j’ai le cœur de fer. Et je suis rude à l’homme & je n’aime personne Ni rien, que mon carquois à mon flanc qui résonne. — Moi, je suis pour chacun le grand consolateur, Et quand je mets la main sur le front du malheur, Il y sent la fraîcheur de la rosée en larmes. — Moi, je n’ai que ma trompe & je n’ai que mes armes. Que mon épieu qui troue & ma lame qui mord ; Lorsque j’ouvre la main, il en tombe la mort. — Moi, sans cesse ici-bas à l’homme je me fie. ”
