Gérard Walch, Anthologie des poètes français contemporains
“ Et Lazare à la voix de Jésus s’éveilla. Livide, il se dressa d’un bond dans les ténèbres ; Il sortit, trébuchant dans les liens funèbres, Puis tout droit devant lui, grave et seul s’en alla. Seul et grave, il marcha depuis lors dans la ville, Comme y cherchant quelqu’un qu’il ne retrouvait pas, Et se heurtant partout à chacun de ses pas Aux choses de la vie, au grouillement servile. Sous son front reluisant de la pâleur des morts Ses yeux ne dardaient pas d’éclairs ; et ses prunelles, Comme au ressouvenir des splendeurs éternelles, Semblaient ne pas pouvoir regarder au dehors. ”
