Résumé

Auguste Geoffroy Etudes d'après Fromentin. A l'ombre… (1882)

Après quelques rasades de vin chaud nous sommes repartis et alors nous demeurâmes entre ciel et neiges n'ayant plus la vue des vallées et n'apercevant point encore le village de Saint-Etienne. Des aigles dans l'azur, une neige rose étincelante de mille diamants sous les pieds, devant, derrière, de côtés, de la neige en monceaux : voilà le paysage. A midi nous étions admirablement reçus par les habitants de Saint-Etienne, autres moines d'un petit Saint-Bernard, car si haut et si loin qu'on se trouve, le coeur de la France est toujours le même.
Source : Gallica

Auguste Geoffroy Etudes d'après Fromentin. A l'ombre… (1882)

Si le royaume de la terre te semble préférable, sangle ton coursier de bataille, serre la boucle de ton ceinturon, fais prendre le glaive à tes braves et marche contre l'armée des Turcs dans l'attente d'un triomphe certain. Mais si tu choisis le royaume céleste, élève une église sur la plaine d'Amsel, non sur des fondements de marbre, mais semblable à une tente soyeuse où l'armée des Serviens, après s'être purifiée de ses péchés, reçoive la sainte communion et se prépare ainsi à une pieuse mort ; car tous tes guerriers succomberont, et toi-même tu tomberas avec eux.
Source : Gallica

Auguste Geoffroy Etudes d'après Fromentin. A l'ombre… (1882)

Pendant ce temps, indifférente, moqueuse, passait la foule des burnous éclatants, les Bédouins sur leurs coursiers écumeux, les Maures l'éventail à la main.
D'un côté, des cavaliers et des rêveurs, dormant sous les colonnades ou sur les tapis des mosquées, humant leur café ou jouant de la flûte, laissant des heures entières leur pensée voltiger dans l'invisible ou leurs têtes reposer sur le sein embaumé des femmes; de l'autre, des lutteurs pour la vie, énergiques, rudes, sombres, avec deux amours au coeur: la patrie, la famille.
Source : Gallica

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