Henry Bauquier, Croquis et réflexions : poésies (1898)
“ Comme ces fils d'Afrique aux feuilles épineuses, Ces grands aloès gris que l'on voit au désert, Devrait être le coeur aux fibres amoureuses, Le coeur que nous laissons à tous vents entr'ouvert, — Sans se laisser troubler par les douces aurores, Parles voluptueux couchers du grand soleil, Empourprant au lointain les blancs minarets maures, L'aloès sait rester en un chaste sommeil. Aucun rayon de feu perçant sa dure feuille Ne glisse en sa racine un sensuel désir, Et pour qu'aucune main brutale ne le cueille, L'aloês vit cent ans sans un seul jour fleurir. ”
