André de Guerne

Élements biographiques

André de Guerne Les Siècles morts

Le Dieu reçoit les Morts triomphants à sa suite.
Et Neb-Seni, vêtu de lumière, enivré
De l’éblouissement du voyage éthéré,
Se mêle à l’équipage et circule et s’absorbe
Dans la flamme solaire et dans l’Œil du grand Orbe.
Neb-Seni, comme un astre indistinct et noyé
Dans le fleuve lacté du ciel multiplié,
Palpite et resplendit en la rougeur vivante.
Son corps est le gardien, son âme est la servante
Du Lion qui se dresse aux régions d’Aker.
Il est le jour qui luit ; il est le jour d’hier,
L’Éternel Devenir où sa forme englobée
Renaît pour se dissoudre au sein du Scarabée.
Source : Wikisource

André de Guerne Le bois sacré (1898)

Qu'un spectre décharné, comme une ombre aperçu.
Et l'homme épouvanté, qui désespère et sonde
La vanité de tout et le néant du monde,
Maudit la nuit funèbre où sa mère a conçu.
Son âme froide et morne est un lac immobile ; Le souvenir glacé pèse à son coeur débile Comme au bras d'un vieillard le bouclier des forts. Lutteur toujours vaincu du cirque de la vie, Sans rêves, sans désirs, sans espoirs, il n'envie Que la paix immuable et le sommeil des morts.
Espère! l'aube luit qu'attend ton voeu suprême.
Regarde à l'horizon se lever, vague et blême,
Le jour de ton repos et de ta liberté.
Source : Gallica

André de Guerne Les Siècles morts

O Roi d’éternité, mon œil appesanti
Se fixe sur le mur de ta demeure antique.
Je viens ; je suis semblable à ton vengeur mystique :
Je suis Horus ! je suis Fils du Stable, enfanté
Dans l’infrangible lieu de la Stabilité.
L’Immobile de cœur, dont la parole est vraie,
Me reçoit. Je suis Thot. J’entre, je sors, je fraye
Le chemin véritable à la barque de Râ.
Mais quand avec les Dieux le Juge apparaîtra,
Quand je serai pesé, ni mal ni violence
Ni péché de mon cœur n’entraînant la balance,
Que, naviguant à l’ouest dans le cercle vermeil,
Je surgisse et flamboie à côté du Soleil !
Source : Wikisource

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