André de Guerne

Résumé

André de Guerne Les Siècles morts

Le Dieu reçoit les Morts triomphants à sa suite.
Et Neb-Seni, vêtu de lumière, enivré
De l’éblouissement du voyage éthéré,
Se mêle à l’équipage et circule et s’absorbe
Dans la flamme solaire et dans l’Œil du grand Orbe.
Neb-Seni, comme un astre indistinct et noyé
Dans le fleuve lacté du ciel multiplié,
Palpite et resplendit en la rougeur vivante.
Son corps est le gardien, son âme est la servante
Du Lion qui se dresse aux régions d’Aker.
Il est le jour qui luit ; il est le jour d’hier,
L’Éternel Devenir où sa forme englobée
Renaît pour se dissoudre au sein du Scarabée.
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André de Guerne Les Siècles morts

O Roi d’éternité, mon œil appesanti
Se fixe sur le mur de ta demeure antique.
Je viens ; je suis semblable à ton vengeur mystique :
Je suis Horus ! je suis Fils du Stable, enfanté
Dans l’infrangible lieu de la Stabilité.
L’Immobile de cœur, dont la parole est vraie,
Me reçoit. Je suis Thot. J’entre, je sors, je fraye
Le chemin véritable à la barque de Râ.
Mais quand avec les Dieux le Juge apparaîtra,
Quand je serai pesé, ni mal ni violence
Ni péché de mon cœur n’entraînant la balance,
Que, naviguant à l’ouest dans le cercle vermeil,
Je surgisse et flamboie à côté du Soleil !
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André de Guerne Les Siècles morts

Ce n’est plus le guerrier, chef sacré des Phalanges,
Foulant l’azur natal du ciel illuminé,
Mais le Rebelle ancien, le grand découronné,
Satan, qui, surgissant et secouant encore
Le flambeau qu’il portait devant l’antique aurore,
Excite au choc suprême un peuple de démons.
Tombés des premiers cieux, tels que du haut des monts
Les cèdres entraînés par le torrent des neiges,
Ceux qui, beaux comme lui, comme lui sacrilèges,
Ont roulé de l’azur et l’ont pleuré trop tard,
Tous les fils de Satan sont armés. L’étendard
De l’enfer, au combat livrant ses plis de flamme
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