“ Tantôt chasse à grand bruit, tantôt pompe les vents ; L’autre plonge l’airain dans l’onde qui frissonne ; Sous leurs vastes efforts l’antre tremblant résonne ; Ceux-ci courbent le fer qu’ils tournent sur les feux ”
Airain
Définition et enjeux
Citations sur l'airain
Page, Correspondance familière d’un marin…
“ Est-ce fatigue, changement d’air, de nourriture ? Ces chaleurs caniculaires, cette sécheresse inexorable, ce ciel d’airain, sont insupportables ; tout le monde est plus ou moins influencé, plus ou moins malade. ”
Stéphane Conte, Promenades au cimetière de la Madeleine… (1847)
“ La nuit enveloppait la cité d'un long voile, Au ciel sinistre et noir ne brillait nulle étoile ; L'airain avait frappé douze fois sur l'airain, Quand le son effrayant du funèbre tocsin, S'élançant du beffroi, sentinelle avancée, Répand l'inquiétude et surprend la pensée, Au moment où, timide et rendue au réveil, Elle revit en l'homme échappant au sommeil. ”
Victor Hugo,
La Légende des siècles
“ Je regarde la nuit venir, l’aube arriver, La voile fuir, le flot hurler comme un molosse, Avec la rêverie immense du colosse. Ô tristes mers, l’airain c’est l’immobilité ; L’airain, ô large gouffre à jamais agité, C’est la victoire ; il sort de la forge géante ; Il a Vulcain pour père, ou Lysippe, ou Cléanthe, Ou Phidias ; il sort, fier, vivant ; après quoi, Il monte au piédestal comme à son trône un roi, Et s’empare du temps et de la solitude ; Et l’airain, c’est le calme, ô vaste inquiétude. Lui l’immuable, il fut à son heure orageux ”
L.-M. Jehan, Idoles et visions, préface par Paul Perret (1884)
“ Ce coeur fût-il d'airain, que vous auriez la gloire De l'avoir à vos pieds fondu le premier jour ! Mais il n'est pas d'airain; la vie et la jeunesse Y bouillonnent encor, et maintenant je sens Qu'il pourrait éclater sous l'ardeur qui le presse, Tant est brûlant le feu qui circule en mon sang ! ”
Georges Leygues,
La lyre d'airain
(1883)
“ LE FLEUVE I Lorsque tes flots divins brusquement épanchés, Du haut du pic neigeux envahirent la plaine, Déracinant les rocs dont leur route était pleine, Et les arbres géants sur l'abîme penchés Un grondement pareil à celui du tonnerre Éveilla les vieux monts dans leur splendeur assis ; Cependant que montait vers les cieux obscurcis Une buée immense, impénétrable et claire. 20 La Lyre d'airain. Comme par l'ouragan tirés de leur sommeil, Les troupeaux qui rêvaient, epars, couchés dans l'herbe, S'enfuirent, et du haut de son aire superbe L'aigle les vit se perdre à l'horizon vermeil. ”
Francisque Monnet, Une histoire au-dessus du crocodile (1876)
“ Le vent ayant soufflé toute la nuit, avec une violence extrême, le soleil se levait rouge et menaçant sous un ciel aride, chargé de nuages inertes et si bas, que l'on se serait cru placé sous un couvercle d'airain. ”
Comtesse de Noailles,
Revue des Deux Mondes
“ La lune entr’ouvre aux cieux un aileron d’airain, Une étoile endormie à peine brille et cille ; Et je respire avec une ample volupté Cette verte, élastique et fraîche crudité Du feuillage content, qui, comme un hymne, élance La pure odeur de l’eau dans le puissant silence. Tout repose, l’air est mouillé comme une fleur, Chaque point de l’éther tranquillement s’égoutte, Je suis là, faible humain, je contemple, j’écoute. Le vent noir vient à moi, et dans mon souffle heureux S’élance avec l’odeur des torrents et des cieux. ”
Homère,
L'Illiade d'Homère. Tome 1
(1828-1833)
“ Comme la flamme dévorante consume une vaste forêt sur le sommet des montagnes, et répand au loin une vive lumière; ainsi, dans la marche des guerriers, le brillant éclat de l'airain étincelle de toutes parts et s'élève jusqu'aux cieux. ”
Edgar Quinet,
Merlin l’enchanteur
“ Mais quelquefois ils se trompaient d’aurore. Au plus profond de leur sommeil d’airain, voyez-vous les peuples se lever lentement, tristement, les yeux fixes, ouverts, chargés d’un voile de plomb, comme des somnambules ? ”
Georges Leygues,
La lyre d'airain
(1883)
“ Sur l'eau sombre et verte qui fume Sont alignés les grands vaisseaux. Comme une noire fourmilière Les hommes roulent autour d'eux, Envahissent leur proue altière, Plongent dans leurs flancs caverneux. 126 La Lyre d'airain. Les vaisseaux que bercent les houles Et qu'insultent les noirs frimas, Sont tristes au milieu des foules Et rêvent des lointains climats ! Hôtes fiers des mers incertaines, Ils ont rapporté dans leurs flancs La clarté des îles lointaines Et le goût des combats sanglants. ”
Étienne Hervier, Fatime, ou les Soirées du génie Azaël… (1846)
“ « L'aigle fuit, comme nous, quand il ravit sa proie.... » Vole au désert, bouillant coursier ! » Ne dis pas que la proie est, sur nous, frémissante; » Que tu la sens se tordre aussitôt qu'on l'étreint.... » Ainsi se tord la nuit, sous l'étreinte puissante » De l'ouragan au bras d'airain. » Vole au désert, coursier! La nuit est sombre, il tonne!. » Vole, comme le dard de ce brûlant éclair ! » Vole, comme la foudre! est-ce qu'elle l'étonne ? » Brave coursier, fends ainsi l'air ! ”
Adjutor Rivard,
Manuel de la parole
“ Monts gelés et fleuris, trône des deux saisons, Dont le front est de glace et les pieds de gazons ! C’est là qu’il faut s’asseoir, c’est là qu’il faut entendre Les airs lointains d’un cor mélancolique et tendre. Souvent un voyageur, lorsque l’air est sans bruit, De cette voix d’airain fait retentir la nuit ”
“ Comme deux chevaux noirs qui dévorent le frein, Comme deux grands taureaux luttant dans les vallées, Les deux masses de fer, à grand bruit ébranlées, Brisent d’un même choc leur double front d’airain. ”
Victor Hugo,
Les Contemplations
“ Saturne! sphère énorme! astre aux aspects funèbres!Bagne du ciel! prison dont le soupirail luit!Monde en proie à la brume, aux souffles, aux ténèbres! Enfer fait d'hiver et de nuit! Son atmosphère flotte en zones tortueuses.Deux anneaux flamboyants, tournant avec fureur,Font, dans son ciel d'airain, deux arches monstrueusesD'où tombe une éternelle et profonde terreur. Ainsi qu'une araignée au centre de sa toile,Il tient sept lunes d'or qu'il lie à ses essieux;Pour lui, notre soleil, qui n'est plus qu'une étoile, Se perd, sinistre, au fond des cieux! ”
“ partout la mer ! des flots, des flots encor. L’oiseau fatigue en vain son inégal essor. Ici les flots, là-bas les ondes ; Toujours des flots sans fin par des flots repoussés ; L’œil ne voit que des flots dans l’abîme entassés Rouler sous les vagues profondes. Parfois de grands poissons, à fleur d’eau voyageant, Font reluire au soleil leurs nageoires d’argent, Ou l’azur de leurs larges queues. La mer semble un troupeau secouant sa toison : Mais un cercle d’airain ferme au loin l’horizon ; Le ciel bleu se mêle aux eaux bleues. * — Faut-il sécher ces mers ? dit le nuage en feu. — Non ! ”
André Chénier,
Poésies choisies de André Chénier…
“ Puis, d’une aile glacée assemblant les nuages. Ils volent, troublent l’onde et soufflent les naufrages, Et répètent au loin et les longs sifflements, Et la tempête sombre aux noirs mugissements, Et le feu des éclairs et les cris du tonnerre. Puis, d’un œil doux et pur souriant à la terre. Ils la couvrent de fleurs ; ils rassérènent l’air. Le calme suit leurs pas et s’étend sur la mer. ”
Pierre Boitard, Histoire naturelle illustrée : rédigée d'après la quatrième édition du Cours élémentaire d'histoire naturelle de feu M. Boitard… (1884)
“ Dès l'aurore, muni d'un manteau attaché sur son dos, d'un petit baril d'eau-de-vie pendu à son cou et d'une clochette qui avertit le voyageur égaré, il part pour la montagne, dont la neige, secouée par l'orage de la nuit, a comblé les sentiers et .les défilés sans en laisser la moindre trace. Il scrute tous les passages dangereux, il descend dans tous les abîmes, il visite tous les recoins déserts où les avalanches et le froid jettent d'habitude le découragement et la mort. Il tient tous ses sens, la vue, l'ouïe, l'odorat, éveillés, attentifs ”
“ Grands oiseaux voyageurs qui risquez l’aventure De traverser la mer, jamais vous n’y posez ; Et quand l’ouragan pèse à vos membres brisés, Vous tombez sur les ponts où l’homme vous capture. Mais l’heureux goëland à la double nature Plane ou vogue à loisir sur les flots maîtrisés. À leur crête en fureur son vol met des baisers, Et leurs dos arrondis lui servent de monture. Sur les vagues ainsi je veux que mes pensers Soient dans l’onde et dans l’air tour à tour balancés ; Et, s’il faut l’avouer, voilà tout le mystère Qui fait que le vers seul m’y paraît excellent. ”
Francy Lacroix, En plein ciel : impressions d'aviateur… (1918)
“ Parfois certains bonds vous suffoquent, une bouffée intempestive d'air vous aveugle. Parfois le vent garde tant de force qu'on ne peut redresser l'aile inclinée qu'en virant du côté où elle penche. Quelle impression d'incertitude et de fragilité! Tout cela, combiné, produit à la longue pour l'aviateur une grande fatigue physique et morale. Et c'est avec une délicieuse sensation de quiétude et de délivrance, une nouvelle douceur de vivre, qu'après une sortie et un atterrissage mouvementés, il descend de son appareil. f Les ailes broyées s'amoncellent sur le sol. ”
Louis Énault,
La Terre-Sainte, voyage des quarante pélerins en 1853…
(1854)
“ L'air s'embrase ; vous ne sentez pas une haleine de vent ; les vapeurs flottantes se dissipent : la mer étincelle comme un miroir ardent, les concavités des montagnes rassemblent et renvoient les rayons comme le foyer d'une ellipse, les exhalaisons salines brûlent la peau, dessèchent la gorge et piquent la paupière comme un faisceau d'aiguilles invisibles : les lèvres arides se gercent et se retirent; le regard errant va du lac à la montagne, et ne trouvant partout que du feu, l'oeil ébloui ne sait plus où se poser. ”
Alphonse de Lamartine,
Œuvres complètes de Lamartine
“ De la cime des monts fondant sur les guérets, Emporte en tournoyant la feuille des forêts, La promène en son vol du couchant à l’aurore, La quitte, la reprend et la rejette encore : Ainsi, planant de loin sur la terre et les mers, Son souffle impétueux m’emporte dans les airs, Et mon œil, du soleil suivant la route oblique, Traverse à l’équateur les flots de l’Atlantique, Vole d’un pôle au pôle, et s’abat tour à tour Aux bords où naît l’aurore, où va mourir le jour ! ”
“ Vague à l’âme ! Poésie amère d’un aérostat que le vent pousse en dehors de sa route, et qui risque de s’effondrer dans l’océan du désespoir, au lieu d’atterrir sur la terre ferme de la difficulté vaincue ! ”
Anna de Noailles,
Les Forces éternelles
“ LE FLOT LÉGER DE L’AIR... Le flot léger de l’air vient par ondes dansantes Du haut de l’horizon palpiter sur mon cœur ; Un parfum réfléchi pend aux grappes pesantes Du lilas bleu, courbé d’odeur. Les fleurs du marronnier sont à terre et reposent Au pied de l’arbre, ainsi qu’un purpurin étang, La branche désertée indulgemment s’étend Sur ce golfe de pulpe rose. Le limpide matin est uni comme un lac Dont le soleil a fait une turquoise chaude. L’espace est un désert somptueux. Rien ne rôde Dans l’azur qui sommeille ainsi qu’en un hamac. ”
Jean-Henri Fabre,
Aurore, cent récits sur des sujets variés…
(1879)
“ L'aérostat y plonge et tout disparaît. Un élan de plus, et le ballon a les nuages au-dessous de lui, étalés en amas cotonneux d'une éblouissante blancheur; il s'élance dans les solitudes supérieures, toujours sereines, toujours inondées de soleil. Par moments, à travers les trouées du rideau nuageux, l'aéronaute entrevoit la terre, mais indécise à cause de la distance, mais effrayante à cause de la profondeur. Quelques cordons, une corbeille d'osier, le tiennent suspendu sur l'abîme. Si la frêle nacelle chavirait, que deviendraitil, grand Dieu précipité de cette élévation? ”
Jean-Louis Boucharlat, Le Jugement dernier, poème en trois chants… (1806)
“ L'AIR se trouble et mugit; la foudre dans la nue , Traçant de longs sillons, gronde et se perpétue ; Les vents avec fureur, déchaînés sur les mers, En bruyans tourbillons lancent les flots amers ; Et tout le ciel en feu s'écroule sur le monde. L'abyme voit le jour ; les noirs torrens de l'onde Roulent couverts d'écume , et soudain repoussés , Des voûtes de l'Ether retombent courroucés. ”
Auguste Barbier,
Chez les poètes : études, traductions et imitations en vers
(1882)
“ Rien au,monde pour moi n'entravait l'espérance Sur l'Océan. Mais la nuit, sur ma poupe, en butte à la tempête, Il me semblait ouïr dans les bruits de l'autan Les trois Nornes tissant leur toile sur.ma tète; Sur terre comme en mer le sort est inconstant : Autant vaut supporter les coups qu'il nous apprête Sur l'Océan. - 27 - J'ai vingt ans, l'infortune est bientôt survenue Et les flots aujourd'hui me demandent mon sang : Que sa pourpre en leur sein s'est de fois répandue, Et comme avec vitesse il bat, ce coeur brûlant Qui sous peu va dormir dans la froide étendue De l'Océan ! ”
“ L’oiseau, que l’ouragan égare au loin sur l’eau, Rêve à son nid bercé sur le natal rameau ; Le fleuve, en s’éloignant de sa source isolée, À l’Océan amer mêle une onde troublée : L’homme, plus que la fleur, que le fleuve et l’oiseau, De la terre d’exil aspire à son berceau ”
Paul Verlaine,
Œuvres complètes de Paul Verlaine
“ Un instinct la guide à travers cette immensité. La brise d’été Sur le flot vermeil Doucement la porte en un tiède demi-sommeil. Parfois si tristement elle crie Qu’elle alarme au lointain le pilote Puis au gré du vent se livre et flotte Et plonge, et l’aile toute meurtrie Revole, et puis si tristement crie ! Je ne sais pourquoi Mon esprit amer D’une aile inquiète et folle vole sur la mer. Tout ce qui m’est cher, D’une aile d’effroi Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi ? ”
John Milton,
Le Paradis perdu
(1667)
“ Alors, ailes déployées, il dirige son vol en haut, pesant sur l’air sombre qui sent un poids inaccoutumé, jusqu’à ce qu’il s’abatte sur la terre aride, si terre était ce qui toujours brûle d’un feu solide, comme le lac brûle d’un liquide feu. ”
Virginie Hériot,
Une âme à la mer
“ Ailée, la mer, le ciel, se dévisagent en s’endormant de lassitude appesantie. Nul bruit, ni aucun mouvement dans le silence. Tout s’éteint, tout semble devoir mourir sur cette mer privée de vie. La nonchalance est partout, le sommeil s’installe, la lassitude est sur nos épaules, on s’écoute vivre. Enfin ! voilà la brise dans un grand orage ! Les têtes se relèvent, les bras se tendent pour les manœuvres, la vie revient avec la rumeur et le mouvement. Ailée est emportée vers l’horizon. ⁂ Ailée est épaulée sur les vagues. ”
Sarah Bernhardt,
Dans les nuages - impressions d'une chaise
“ Notre aérostat nous abritant contre cette averse hilarante, nous traversons l’ondée sans être mouillés. Nous nous élevons au-dessus des nuages et nous gagnons le soleil, laissant la terre sous un voile de pluie. ”
Ennemonde Diard, Coups d'ailes. De l'oiseau à l'avion… (1930)
“ En une seconde, je suis dans le dit Hanriot. Essence. Contact. On va jeter des petits papiers sur les plages à la mode ! Quel vol merveilleux ! La Manche est agitée par un orage lointain et le soleil joue à cache-cache avec les nuages. D'en haut. je vois s'enlever les vagues, tantôt riantes sous la caresse d'un rayon doré, tantôt sinistres dans le gris. L'avion vire, évolue longuement au-dessus des villas somptueuses de la côte, plane sur Caen. Mer ou ciel ? Au loin, il n'y a plus qu'une barre sombre avec des franges d'écume. Nous croisons le Morane de Fronval. ”
James Fenimore Cooper,
À bord et à terre
“ L’air frais du matin agite tes cheveux ; les vagues dansent gaiement sous ses yeux ; l’oiseau de mer appelle, tourne et rase l’eau ; l’aurore se lève radieuse ; mais il n’entend pas ces chants joyeux ; il ne voit pas les vagues, il ne sent pas la brise. ”
Joseph Conrad,
Le Nègre du Narcisse
“ Ruisselants de sueur, nous remontâmes par la corde, en grappe, et, de nouveau saisis par l’âpre souffle du vent, nous restions, l’haleine coupée, pareils à des hommes plongés dans l’eau glacée. Les joues brûlantes, nous frissonnions jusqu’aux moelles de nos os. Jamais auparavant la tempête ne nous avait paru plus furieuse, plus démente la mer, le soleil plus moqueur et plus impitoyable, ni la position du navire plus dénuée d’espoir. ”
Madame Carroy, Les enfants du vieux marin, ou La leçon paternelle (1836)
“ Le bruit des avirons se fait entendre, l'eau bouillonne sous leurs coups, les voyageurs touchent enfin la terre, s'y précipitent et se livrent à leurs transports : ils pressent dans leurs bras ceux qui s'y sont élancés et qui, dans leur ivresse, les portent jusqu'à leur demeure, avec ces yeux humides qui disent plus que ne pourraient le faire d'inutiles expressions. ”
André de Guerne, Le bois sacré (1898)
“ Comme d'un lourd suaire, insoulevable et rude, L'hiver précoce étreint la glauque solitude Et le vallon brumeux où dort le pâle étang. Seul, quelque cri d'oiseau, rapide, intermittent, Vibre et meurt. Et parfois un vol bref de sarcelles, Avec un sifflement brusque et strident des ailes, Tourne et s'abat. Sans hâte, au loin, dans le ciel froid, D'un vol triangulaire ouvrant leur chemin droit, Voici que, vers le soir, passent les lentes grues, Émigrantes du nord au couchant disparues. ”
