Jean-Louis Boucharlat, Le Jugement dernier, poème en trois chants… (1806)
“ Immobiles d'effroi, les pâles matelots Voient s'avancer la mort qui plane sur les flots. Le désespoir affreux, la douleur, l'épouvante, Sur un temps qui n'est plus fixent leur vue errante. Dieux ! le remords cruel s'allume dans leurs seins ; Ils élèvent au ciel de suppliantes mains , Poussent des cris perçans , et dans l'onde ennemie Jettent de leurs trésors la dépouille chérie ; Trop fortunés encor de pouvoir, à ce prix, De leur vaisseau fragile alléger les débris. Inutiles efforts ; rien n'apaise l'orage, Et partout sous leurs pas l'onde s'ouvre un passage. ”
