Résumé

Jean-Louis Boucharlat Le Jugement dernier, poème en trois chants… (1806)

Immobiles d'effroi, les pâles matelots Voient s'avancer la mort qui plane sur les flots. Le désespoir affreux, la douleur, l'épouvante, Sur un temps qui n'est plus fixent leur vue errante. Dieux ! le remords cruel s'allume dans leurs seins ; Ils élèvent au ciel de suppliantes mains , Poussent des cris perçans , et dans l'onde ennemie Jettent de leurs trésors la dépouille chérie ; Trop fortunés encor de pouvoir, à ce prix, De leur vaisseau fragile alléger les débris. Inutiles efforts ; rien n'apaise l'orage, Et partout sous leurs pas l'onde s'ouvre un passage.
Source : Gallica

Jean-Louis Boucharlat Le Jugement dernier, poème en trois chants… (1806)

Le voile est déchiré ; son trône étincelant Pare la profondeur du ciel resplendissant. C'est là que d'un regard il embrasse le monde, D'un souffle vivifie , ou détruit, ou féconde, Et qu'il voit les humains , ces enfans de la Nuit, Comme l'insecte impur que l'automne détruit. Oh ! que de majesté dans tous ses traits est peinte , Et remplit le mortel d'espérance et de crainte ! Il est environné des Anges radieux. Quels torrens de lumière éblouissent mes yeux !
L'ETERNEL d'une main porte le livre auguste Des lois que dans son coeur possède encor le juste
Source : Gallica

Jean-Louis Boucharlat Le Jugement dernier, poème en trois chants… (1806)

MALHEUR au triste objet de la fureur céleste Qu'attendent les remords à ce réveil funeste ! Hélas ! l'infortuné jetant sur lui les yeux, Reculera d'horreur, et, pâle, furieux, Se précipitera dans les profonds abymes, Embrassant les tombeaux , et détestant ses crimes.
MAIS ceux dont les vertus affrontant le malheur, Ont long-temps partagé la coupe de douleur , Semblables à des Dieux entourés de la foudre, Verront du haut des airs le monde se dissoudre , La nature s'armer de la terrible faux , Et rendre l'Univers à l'horrible Chaos
Source : Gallica

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