Jean-Louis Boucharlat Le Jugement dernier, poème en trois chants… (1806)

Immobiles d'effroi, les pâles matelots Voient s'avancer la mort qui plane sur les flots. Le désespoir affreux, la douleur, l'épouvante, Sur un temps qui n'est plus fixent leur vue errante. Dieux ! le remords cruel s'allume dans leurs seins ; Ils élèvent au ciel de suppliantes mains , Poussent des cris perçans , et dans l'onde ennemie Jettent de leurs trésors la dépouille chérie ; Trop fortunés encor de pouvoir, à ce prix, De leur vaisseau fragile alléger les débris. Inutiles efforts ; rien n'apaise l'orage, Et partout sous leurs pas l'onde s'ouvre un passage.
Source : Gallica

Jean-Louis Boucharlat Le Jugement dernier, poème en trois chants… (1806)

Le voile est déchiré ; son trône étincelant Pare la profondeur du ciel resplendissant. C'est là que d'un regard il embrasse le monde, D'un souffle vivifie , ou détruit, ou féconde, Et qu'il voit les humains , ces enfans de la Nuit, Comme l'insecte impur que l'automne détruit. Oh ! que de majesté dans tous ses traits est peinte , Et remplit le mortel d'espérance et de crainte ! Il est environné des Anges radieux. Quels torrens de lumière éblouissent mes yeux !
L'ETERNEL d'une main porte le livre auguste Des lois que dans son coeur possède encor le juste
Source : Gallica

Jean-Louis Boucharlat Les Progrès de l'astronomie, poème par M. Boucharlat… (1848)

Mais en vain le calcul attend que la planète Aux lois des autres corps à son gré se soumette ; On dirait qu'elle seule ose les révoquer. Ses perturbations ne pouvaient s'expliquer, Quand un jeune astronome, en sa sublime audace, Vient réconcilier le ciel avec Laplace : D'un astre inaperçu soupçonnant les effets 32, Leverrier de l'Olympe a surpris les secrets ; De ces corps éthérés la masse et la distance Sur leurs dérangements éclairent la science :
Renversons le problème, a-t-il dit, et les cieux Sont prêts à nous livrer l'astre séditieux.
Source : Gallica

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