Francisque Monnet

Résumé

Francisque Monnet Une histoire au-dessus du crocodile (1876)

Mais l'amour d'une Manta, oh ! vois-tu, ce sont les caresses éternelles du printemps : la brise est moins fluide, l'abîme moins profond , la flamme moins ardente !
Et je t'aime! s'écria-t-elle encore, tandis que sa main arrondie tenaillait faiblement mon bras. Un frisson inconnu m'envahissait tout entier.
Elle lâcha ma main, s'éloigna un peu, s'assit et reprit d'une voix plus grave : — La nuit est longue pour celui qui veille et attend, les heures qui passent dans une anxiété dévorante, sont lentes à s'écouler, lorsque la nature qui nous a mis debout, nous crie : marche !
Source : Gallica

Francisque Monnet Une histoire au-dessus du crocodile (1876)

Abrités des rayons indiscrets de la lune et des moiteurs pernicieuses de la rosée par les vastes envergures d'un branchage richement feuillé, nous nous assîmes tous deux.
Ce fut là que Panohilà me fit connaître les beautés silencieuses d'une nuit des tropiques.
Quand je revins à l'habitation, la Fleur-des-eaux n'avait pas fermé les yeux. Il était une heure du matin.
— D'où viens-tu? me demanda-t-elle; la nuit est fort avancée et j'ai craint pour toi. Prends garde, les Canaques sont de fins chasseurs, et leurs yeux sont des lampes qui éclairent souvent la chute de leurs ennemis.
Source : Gallica

Francisque Monnet Une histoire au-dessus du crocodile (1876)

Plus nous nous éloignions, plus la Fleur-des-eaux se tenait serrée contre moi; mais à un certain moment, lorsqu'elle se leva pour jeter un dernier regard d'adieu sur l'île, n'apercevant plus rien à l'horizon, elle se mit à sanglotter.
— Mon père et ma mère vont dormir loin de moi cette nuit, dit-elle. Ah! le bonheur coûte donc aussi des larmes ?
Je l'enveloppai de son moustiquaire, afin qu'elle ne se trouvât pas trop en vue des hommes de l'équipage ; mais le capitaine, qui l'avait remarquée, vint à nous.
Source : Gallica

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