Résumé

L.-M. Jehan Idoles et visions, préface par Paul Perret (1884)

Souhaite une compagne au gré de son envie, Rêve pour son foyer un ange protecteur Dont la jeune vertu veille sur son bonheur, Qui puisse, d'un regard débordant de tendresse, D'une voix consolante, amie, enchanteresse, Sur ses anxiétés verser le calme Oubli.
Sa mère cependant, sa mère au front pâli La couve d'un regard où vit toute son âme. Cette enfant d'aujourd'hui qui demain sera femme, C'est sa vie et son coeur plus encor que son sang, C'est sa belle jeunesse en elle renaissant, C'est son jour éclipsé qui revient à l'aurore, C'est son rêve d'amour qui va briller encore !
Source : Gallica

L.-M. Jehan Idoles et visions, préface par Paul Perret (1884)

Près du guerrier sans peur, qui va remplir le monde Du bruit de ses exploits ; près du penseur qui sonde, Attentif, les replis profonds du coeur humain ; Près de l'artiste ému qui sculpte de sa main, Qui peint dans les palais, sa pensée immortelle, Vivante, à tous les yeux, d'une vie éternelle ; Près de tous ceux, enfin, que cet éclair de Dieu, Le Génie, illumine et brûle de son feu... L' on a vu, se tenant, tantôt dans l'ombre fière, Tantôt dans le rayon d'une pleine lumière, Comme une Fée, ou comme un Ange protecteur, Une femme aux doux yeux, puissante par son coeur !
Source : Gallica

L.-M. Jehan Idoles et visions, préface par Paul Perret (1884)

Peu d'âmes, ici-bas, comprennent ce mystère !
Il faut avoir gravi les sentiers du malheur,
Il faut avoir senti la main de la douleur,
Qui se pose toujours, accablante et cruelle,
Sur le coeur le plus grand, sur l'âme la plus belle,
Pour savoir ce secret. — Mais quand on a vingt ans,
Quand la vie, entr'ouverte, est aurore et printemps ;
Quand le coeur n'est point mort et lorsque tant de charmes
Vous jaillissent des yeux, même parmi les larmes,
Comment donc savez-vous que le mal et le bien,
La beauté, la jeunesse, et l'amour ne sont rien?
Source : Gallica

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