Mihail Ûrʹevič Lermontov

Résumé

Mihail Ûrʹevič Lermontov Essais poétiques. Le Démon, récit oriental… (1889)

Le grand ciel ténébreux se couronne d'étoiles, Et l'oeil ne voit ni port, ni falaises, ni voiles !... Voici l'instant fatal où l'être torturé Pousse, comme un appel, un cri désespéré ; C'est le dernier combat et la lutte sublime
D'un coeur auquel la mort montre son grand abime, Et que bercent toujours — même au bord du tombeau L'amour de l'idéal et le culte du beau !...
L'oeil n'aperçoit plus rien sous cet immense espace ; Dans l'air ou sur les flots, pas un oiseau qui passe ;
Sous le ciel étoile pas un être vivant, Rien que l'océan bleu soulevé par le vent.
Source : Gallica

Mihail Ûrʹevič Lermontov Essais poétiques. Le Démon, récit oriental… (1889)

Que d'autres, plus heureux, célèbrent l'espérance, La jeunesse et l'amour, la joie et le bonheur ; Moi je ne puis, hélas, chanter que la souffrance, Car c'est le seul écho qui vibre dans mon coeur !..
Poète, pour la mousse, il faut la pluie et l'ombre, Mais il faut du soleil pour que s'ouvre la fleur ; Pour voir, briller l'étoile, il faut une nuit sombre ; Pour comprendre mes chants, connaître la douleur !
Source : Gallica

Mihail Ûrʹevič Lermontov Essais poétiques. Le Démon, récit oriental… (1889)

Le bonheur, quand hélas ! il s'envole, Laisse à l'homme un espoir qui console, Et l'espoir, quand il fuit à son tour, Laisse encore un soutien : c'est l'amour.
Mais l'amour, s'il s'éteint dans une âme Qu'il éclaire un instant de sa flamme, Ne nous laisse après lui, pour toujours, Qu'un chagrin plus amer tous les jours.
Tu peux croire à la voix du poète, Qui souvent dans ses vers te répète : Celui qui dans son coeur perd l'amour, Seul perd tout, et le perd sans retour.
Source : Gallica

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