Renée Vivien,
Une femme m’apparut/1905
“ Elles se dispersèrent dans la brume suspendue à l’extrémité du champ, telle une vaste toile d’araignée... Je me retrouvai solitaire... Quelques instants égrenèrent leurs grains de sable... Une forme voilée émergea soudain de la brume lointaine. Une paix inexplicable, un incompréhensible bonheur, planèrent sur moi, ainsi que deux colombes. J’attendis la venue de cette forme que les fumées d’eau précédaient... Un nénuphar clos s’épanouit, comme par miracle. La forme voilée s’avança... En d’inexprimables affres d’extase, en une radieuse douleur, je reconnus Ione... ”
