Jean Léra

Élements biographiques

Jean Léra,  Tonkinoiseries. Souvenirs d'un officier… (1896)

“ Au milieu de nous tous, et donnant la main à son nouveau maître, la fille reste seule, encore plus lamentable d'aspect et plus affreusement laide.
— Hyménée ! hyménée ! glapissons-nous tous en choeur, comme pour rompre un silence qui commence à devenir gênant. Alors le gros Nurgère s'avance au milieu de la salle, prend une pose hiératiquement grotesque de génie de pagode avec son ventre bedonnant et sa grosse face épanouie :
— A genoux, mes enfants, s'écrie-t-il, à genoux !
Comme Bonafol hésite, nous nous précipitons sur lui et l'obligeons à s'affaler de force sur les dalles.
”
Source : Gallica

Jean Léra,  Tonkinoiseries. Souvenirs d'un officier… (1896)

“ C'est encore une fin de jour écoulée dans une exquise flânerie, dans le calme repos que versent les brises du soir. Je domine la vallée sur une vaste étendue, car le fleuve, large, immense, majestueux se déroule entre des rives bordées de roseaux et de bambous. Vers l'horizon les collines s'étagent insensiblement pour se perdre dans un moutonnement de hautes montagnes, très loin. La poétique Ty-Ba, en taquinant les oreilles de Dên, annonce la venue de la nuit par une chanson languissante et triste qui laisse encore deviner quelque mélancolie dans l'âme frivole et insouciante des Annamites. ”
Source : Gallica

Jean Léra,  Tonkinoiseries. Souvenirs d'un officier… (1896)

“ Les dernières conversations des légionnaires languissent. Tout semble dormir dans le poste. Le falot du sous-officier de ronde vient de s'éteindre brusquement, et tandis que résonne le dernier : halte-là, qui viou ! répété d'une voix aiguë et enfantine par un tirailleur Tonkinois de faction sur la palissade, j'allume une cigarette et, perdu dans un rêve qui monte vers les étoiles semées dans le ciel sombre, comme de petites taches blanches, j'écoute les mille bruits qui s'élèvent confus et mêlés dans le silence de l'ombre. ”
Source : Gallica

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