Jacobus X, L’Amour aux Colonies
“ Le Tirailleur est le véritable soldat de la conquête. Nul mieux que lui n’est apte à faire une marche forcée, à exécuter les coups de main qu’un chef jeune et audacieux peut concevoir et entreprendre. ”
Le tirailleur désigne un fantassin de l'infanterie légère, historiquement chargé de harceler l'ennemi par des tirs fréquents et décentralisés. Son rôle, souvent associé à des unités coloniales de l'armée française, a été analysé par divers auteurs. Jacobus X souligne sa capacité à mener des opérations rapides, tandis que L Calliste Faulong met en évidence son dépendance envers le chef.
La Revue du Mois insiste sur son flair tactique, lui permettant de se cacher efficacement. Ces visions illustreront la dualité entre autonomie et discipline, thème central dans l'histoire des tirailleurs, dont les unités nord-africaines furent particulièrement décorées pour leurs exploits. Aujourd'hui, le 1er régiment de tirailleurs, héritier de ces traditions, incarne encore ce héritage militaire.
Jacobus X, L’Amour aux Colonies
“ Le Tirailleur est le véritable soldat de la conquête. Nul mieux que lui n’est apte à faire une marche forcée, à exécuter les coups de main qu’un chef jeune et audacieux peut concevoir et entreprendre. ”
L Calliste Faulong, Impressions de guerre, 1914-1915… (1921)
“ Désormais le tirailleur sait pourquoi il va se battre, ce qu'il ignorait avant, il va se battre pour son chef. Aucune autre notion n'entrera dans son esprit. Aussi, séparez-le de ce chef et vous n'aurez plus qu'un être désemparé, défiant ayant perdu sa raison d'être au combat, prêt à tous les abandons à l'égard de celui dont la voix inconnue lui crie en avant. ”
La Revue du Mois, La Revue du Mois
“ Livré à lui-même, éloigné du regard de son chef, il trouve d’instinct l’emplacement d’où il nuira le plus à l’adversaire sans s’exposer personnellement et, dans la course rapide qui le porte vers l’avant, il a déjà vu la nouvelle place où il s’embusquera pour faire usage de son arme : il réalise, en un mot, le type du tirailleur. ”
Albert Londres,
Dante n’avait rien vu
“ Personne ne doit discuter le règlement, un tirailleur, moins que quiconque. Sans le discuter, on peut l’interpréter. Mais voilà... de ces tirailleurs nous avons fait des soldats, nous n’avons pas encore fait des interprètes... ⁂ L’esprit du tirailleur n’est pas renommé pour son discernement. De tous temps, le chaouch abusa de l’innocence de cet auxiliaire. C’est l’instrument légal de ses rancunes. — Alors tu ne veux pas travailler, salopard ? — Sergent, je suis malade. ”
Alexandre Duvernois,
Le Régime civil en Algérie, urgence et possibilité de son application immédiate…
(1865)
“ Le tirailleur est un brave et fidèle soldat cela est vrai, mais est-ce à dire pour cela qu'il ne conserve aucun sentiment humain? Or, croit-on que lorsqu'on le poussera, comme on le fait aujourd'hui, contre ses coréligionnaires, dont il entend les plaintes, du fondement desquelles il lui est possible de s'assurer, il demeurera à l'abri de toute hésitation, de toute défaillance ! ”
Etienne-Félix Berlioux, Organisation de la défense nationale… (1870)
“ Mais qu'en se battant tout seul, il sache se replier vers ses voisins, se grouper avec eux en petits pelotons ou en compagnies. C'est donc l'école du tirailleur, mais d'un tirailleur nouveau qu'il lui faut enseigner. ”
Al Tirailleur, Épisodes de l'Invasion et de la Commune… (1879)
“ Sa figure pâle, amaigrie par les souffrances, étincelait d'une beauté céleste; ses lèvres, qui murmuraient une prière, souriaient d'un sourire angélique. — Roger? murmura-t-elle d'une voix faible comme un souffle. Le jeune officier, qui priait agenouillé près de la couche funèbre, se pencha vers la jeune fille et soulevant sa tête mourante : — Non, dit-il d'une voix émue, vous ne mourrez pas; la Providence, qui nous éprouva par tant de douleurs, ne peut ainsi briser notre existence. ”
Jean Humbert, Nouveau Glossaire Genevois, tome 2…
“ Tirailler, chiffonner, manier une chose comme ferait celui qui pétrit la pâte, pitonner.TIRAGE, s. m. Tir, place où l'on s'exerce à tirer des armes à feu. Un tirage spacieux. Terme suisse.TIRAILLE, s. f. La tiraille est un jeu d'écoliers, dans lequel, rangés en deux camps plus ou moins nombreux, ils se tiraillent violemment à l'envi, tâchant d'amener à eux, et de retenir prisonniers, leurs adversaires. Faire à la tiraille. ”
Jean-Victor Augagneur,
Erreurs et brutalités coloniales
“ La résistance était impossible : les six tirailleurs du poste, enfants ou frères des indigènes de la région, n’étaient pas sûrs ; ils auraient refusé de tirer sur leurs parents, et, l’eussent-ils voulu, n’auraient pu lutter efficacement. Le poste ne possédait que quelques cartouches ; Hartmann, prévoyant l’attaque de Manantenina, y avait emporté l’approvisionnement de Ranomafana. Le Commandant Leblanc, de Fort-Dauphin, prévenu depuis six jours de la nécessité de ravitailler Ranomafana en cartouches, n’avait rien envoyé. ”
Claude Tillier,
De choses et d'autres : vingt-quatre pamphlets
“ Qui de vous, quand son toit craque et flamboie au-dessus de sa tête, reste à rêver tranquillement dans son lit ? qui, lorsqu’il est sérieusement malade, n’appelle le médecin à son secours ? qui, enfin, lorsqu’il tombe dans un fleuve, ne cherche à s’accrocher aux arbustes du rivage ? Encore une fois, ce public, qu’est-il ? un lâche qui prêche la témérité. Supposons qu’au lieu de moi, Benjamin Rathery, ce soit lui, le public, que M. de Pont-Cassé provoque en duel, combien y en aura-t-il parmi cette foule qui oseront accepter son défi ? ”
Claude Tillier,
Mon oncle Benjamin
“ N’est-ce pas ainsi que le fort foule le faible aux pieds, ainsi que le faible saigne et crie, ainsi que celui qui a tout pris insulte par sa superbe ironie à celui auquel il n’a rien laissé, ainsi enfin que quand celui-ci ose se plaindre, l’autre lui donne de son pied au derrière ? ”
H. Perizonius, Conseils pratiques aux jeunes officiers pour la préparation du fantassin au service en campagne… (1873)
“ Cette manière de tirailler accoutume aussi les officiers et les soldats au service en campagne, car — en faisant l'ennemi un peu plus nombreux — on arrive à ne faire en réalité que ce qui se passe à la guerre. ”
Claude Tillier,
Mon oncle Benjamin
“ Le paralytique n’est-il pas en prison dans son lit, le marchand dans sa boutique, l’employé dans son bureau, le bourgeois entre l’enceinte de sa petite ville, le roi entre les limites de son royaume et Dieu lui-même entre cette circonférence glacée qui borne les mondes ? ”
Anatole-Henri-Philippe de Ségur,
Henri de Lassus Saint-Geniès : portrait d'âme
(1901)
“ Les agitations que j'ai presque continuellement ressenties depuis mon enfance, me valent du moins d'apprécier le charme de la campagne et de la tranquillité. Vous le connaissez aussi, mais vous pouvez vivre dans le tourbillon, puisque vous êtes assez fort pour y rester debout. Donnez-moi des nouvelles de ce tourbillon, et dites-moi ce que vous y faites. J'en sors à peine, et vous voyez comme je m'en félicite. ”
Claude Tillier,
Mon oncle Benjamin
“ Son calvaire à l’épaule et ses ronces au front, Ce fils de Dieu, tombé dans une lutte étrange, Des soupirs vous viendront ; Et si votre ame est droite et votre vie austère, Si vous aimez les cœurs calmes, forts et pieux, Vous direz tristement : « C’est un grand caractère Effacé de nos cieux ! » Si vous aimez la guerre aux loyales étreintes, La guerre pour le bien, sans éclat, sans témoins, Vous penserez que c’est pour les batailles saintes Un bon soldat de moins. ”
Claude Tillier,
Mon oncle Benjamin
“ Ils regardaient la vie comme une farce, et ils y jouaient leur rôle le plus gaiement possible. Ils avaient un souverain mépris pour ces gens malavisés qui font de leur existence un long sanglot. Ils voulaient que la leur fût un éclat de rire. ”
O. V. de L. Milosz,
Ars magna
(1924)
“ Là, la multiplication et la division à l’infini s’efforcent en vain de remplir une noire et atroce éternité de terreur, et un rythme insatiable, sacrilège, infernal vous emporte comme fétu de paille, dans le tourbillonnement et le fracas du chaos de l’expiation. ”
Ernest Seillière,
L’Âme styrienne et son interprète Pierre Rosegger…
“ Tout propre à rien veut donc aujourd’hui se faire tailleur ; que la fermière le sache bien, un vrai tailleur doit être un homme d’une santé robuste ! D’abord, rester toujours assis, ensuite, aux veilles de fêtes, quand les autres se reposent, les longues courses par monts et par vaux, comme cela se fait chez nous, en traînant tout son attirail ainsi qu’un soldat qui porte le fourniment. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Œuvres de Goethe
“ Je fis arrêter près du grand tilleul qui se trouve à un quart de lieue de la ville du côté de S... ; je quittai la voiture, et je l’envoyai en avant, afin de cheminer à pied et de savourer à mon gré chaque souvenir, dans toute sa vie et sa nouveauté. Je m’arrêtai sous le tilleul, qui avait été, dans mon enfance, le but et le terme de mes promenades. Quelle différence ! Alors, dans une heureuse ignorance, je m’élançais avec ardeur vers ce monde inconnu, où j’espérais pour mon cœur tant de nourriture, tant de jouissances, qui devaient combler et satisfaire l’ardeur de mes désirs. ”
Pierre Alexis Ponson du Terrail,
La bohémienne du grand monde.…
(1867)
“ Cet homme arriva. Je pâlis à sa vue, mais il me répondit avec son atroce cynisme : — Je suis demeuré aux Indes fort longtemps, mais que veux-tu? on est subordonné à tant d'événements dans la vie! Heureusement me voici, je viens tenir ma promesse I — Quelle promesse? demandai-je avec terreur. — Mais, me dit-il, j'ai là un billet de toi... ”
Pierre Alexis de Ponson du Terrail, Le Bal des victimes
“ Et le général se mit à rire d’un gros rire sauvage et cruel. — Dis donc, fit le plus vieux de ses deux compagnons, qu’est-ce qu’elle vaut, ta ferme ? — Peuh ! trente à quarante mille livres, comme bâtiments et récoltes qui vont être brûlés... ”
Pierre Troyon, Revue des Deux Mondes
“ Les plus à plaindre étaient les artilleurs de la tourelle : ceux-là n’avaient même pas, comme les fantassins, la distraction d’une corvée, la perspective d’une relève ; ils grillaient tout le jour dans leur coque de tête et, pour dormir, se couchaient en cercle à tour de rôle sur leurs obus, faute de place pour s’allonger ”
Claude Tillier,
De choses et d'autres : vingt-quatre pamphlets
“ Il faut, répétez-vous, que tout homme provoqué en duel se batte. Quoi ! si un meurtrier de grand chemin m’arrêtait à la corne d’un bois, je ne me ferais aucun scrupule de lui échapper à l’aide de mes bonnes jambes, et quand c’est un meurtrier de salon qui me met un cartel sous la gorge, je me croirais obligé d’aller me jeter sur la pointe de son épée ? ”
Bailleux de Marisy, Des assurances sur la vie
“ L’œuvre mériterait certainement d’être tentée, et nous la croyons conforme à l’un des plus enracinés, des plus vieux instincts de notre pays, où l’esprit d’antique économie se maintient toujours vivace, où la tirelire, ce touchant symbole de l’amour paternel, n’a pas cessé d’être populaire. ”
Le valeureux petit tailleur. Conte (1885)
“ Il y a dans la forêt voisine deux géants qui sont l'effroi du pays. Chaque jour ils volent, assassinent, incendient à leur aise. Personne ne se sent de taille à les attaquer; ils ont tué tous ceux - qui ont essayé de le faire. Veux-tu nous délivrer de ces bandits? La tâche n'est pas, je suppose, au-dessus de ta vaillance. Si tu réussis, tu auras en mariage la princesse ma fille, et, pour dot, la moitié de mon royaume. Je vais te donner comme auxiliaires une escouade de cent cavaliers. * ¥ * Qu'on juge de l'effet de ces paroles sur le petit tailleur. ”
Pierre Alexis Ponson du Terrail,
La Jeunesse du roi Henri. La Maîtresse du roi de Navarre…
(1865)
“ Un tire-laine, condamné par le prévôt, attendait ordinairement pour subir son supplice que quelque criminel de haute volée occupât les loisirs de l'exécuteur. Alors, à côté de l'échafaud sur lequel un grand' seigneur félon devait être rompu vif, on dressait la potence du pauvre diable, que l'on pendait aux yeux émerveillés de la foule et devant le grand seigneur qui bientôt allait être roué. ”
George Sand,
Souvenirs de 1848
“ Là-dessus, le peuple se leva de grand matin. Tous ceux qui avaient un habit et un fusil s’équipèrent à la hâte, en riant, en chantant, car jamais le peuple français n’est plus gai que quand il a raison. ”
Minucius Félix, Les Pères de l’Église
“ Quels jeux aimables ! quelle sage instruction ! le rire est secouru par la patience, et le roi, qui les considère, s’étonne et admire l’esprit de ceux qui sont enfants selon Dieu, et dont toute la vie est un exercice de patience et de douceur. ”
Ernest Seillière,
L’Âme styrienne et son interprète Pierre Rosegger…
“ Et les valets mal élevés, et les servantes mal peignées ? Dans chaque demeure un inconvénient nouveau. Or, tous ces gens-là, le tailleur doit les mesurer à la même mesure. — C’est beaucoup demander, dites-vous ? — Oui, ma chère fermière, mais pourtant voici seulement le principal ; il faut avoir de la tête. Ce que le Créateur a omis dans un bossu, dans un boiteux, dans un bancal, c’est au tailleur à le réparer. Les gens ne demandent pas seulement à leurs habits de les couvrir décemment, mais aussi de les rendre élégans. ”
Alphonse Karr,
La Maison de l'Ogre
“ Alors,—de mon rêve,—je ne me rappelle qu'une confusion de gâchis, de boue et de sang, des fuites, des exils, des pillages, des incendies, des pendaisons, des têtes coupées. 315Puis je vis les murs de Paris couverts d'affiches:ON DEMANDE UN TYRANet il se trouve qu'un tyran régnait sur la France; venait-il d'en haut, venait-il d'en bas? Je l'ignore, les rêves sont parfois aussi incohérents, aussi invraisemblables que la vie. ”
Jules Mary,
Les dernières cartouches : grand roman dramatique
(1902-1905)
“ Les francs-tireurs, habitués aux ovations, courbaient la tête sous ces reproches que, au fond, pas un d'eux ne méritait. Force leur était de sacrifier leur popularité à la discipline. La cavalerie, les mobiles subirent le mémo sort. ”
Joséphine Wells Thériault, Autour d’un nom
“ De loin, par la fenêtre, elles nous laissent assez indifférents, mais que la fatalité nous jette au fort de la tourmente, on se débat, et quand on a enfin vaincu, comme on reste tout de même meurtri ! ”
Saint-René Taillandier,
Revue des Deux Mondes
“ Voilà aussi une verve bouffonne, des tableaux bizarres, de grotesques mascarades ; pourtant sous ces masques, quel groupe décidé, déterminé ! quelle discipline ! quelle fermeté de vues ! le tiers-état est là tout entier, et son pamphlet ainsi armé devait gagner la bataille. ”
Maurice Magre, La Tendre Camarade
“ Là, je me suis assise avec un livre qu’il m’a dit de lire et j’ai attendu que le jardinier vienne me chercher pour dîner. Le temps, quand on s’ennuie, est un tyran impitoyable, mais un tyran toujours vaincu. Je sais que les heures finiront bien par passer, mais il n’y a pas de rêverie assez claire pour lutter contre le pressentiment. ”
Louis Tiercelin, Sur la harpe : poésies : 1886-1896 (1897)
“ Nous venons devant vos paradis, Le front ridé, les mains calleuses, les yeux rouges, Vous crier quels ferments haineux, quelles rancoeurs, Contre vous, les repus fainéants et moqueurs, Le travail a jetés dans l'horreur de nos bouges ! ”
Claude Tillier,
Pamphlets de C. Tillier : deuxième série
(1844)
“ Vous oublieriez qu'il y a des humains semblables à vous par leur paletot et leur pantalon à sous-pieds, s'il ne vous en restait un échantillon dans la personne du geôlier et dans celle du juge d'instruction qui daigne, de temps en temps, vous faire jouir de son entretien ; vous souffrez tout cela avec une indicible joie, songeant que c'est dans l'intérêt de la royauté que vous souffrez, et, qu'après tout, si on vous guillotine, votre nom deviendra historique. ”
Claude Tillier,
Pamphlets de C. Tillier : deuxième série
(1844)
“ Vous savez que cet homme est jugé ; pourquoi me faire avaler encore à son intention les fausses notes de vos chantres et la fumée de vos cierges ? Croyez-vous que je n'aie autre chose à faire que d'écouter votre plain-chant ? Et ces fleuves qui labourent vos cités, et la terre qui tremble et oscille comme un navire au roulis de la mer, et ces villes qui s'abîment au milieu des flammes, et cette comète qui menace de briser votre globe comme une coquille d'oeuf, dont il faut que je règle la course vagabonde !... ”
Émile Labadie, Quelques réflexions sur la dernière brochure de Chateaubriand… (1833)
“ Que ceux-ci disparaissent, comme la vile poussière, au vent, à l'aspect des nobles couleurs qui couronneront nos têtes. Ou, si un destin ennemi réserve à un autre temps le triomphe de notre cause, entourons nous, comme d'un linceul, de la bannière tricolore ”
Judith Gautier,
La Fille du Ciel
“ Depuis quelques instants, la foule, plus turbulente, commence à murmurer contre le carnage. Devant une nouvelle troupe de condamnés que l’on amène, des cris éclatent. LA FOULE Oh ! oh ! assez ! assez ! ”
Pierre Louÿs,
Œuvres complètes de Pierre Louÿs…
(1929 - 1931)
“ Les citoyens vainqueurs des rostres du tyran. Fendant la mer, trouant l’onde, dressant leurs proues, Les trières sur les hauts flots glauques, les nefs Légères au rythme des coups d’aviron brefs, Longs paons noirs, soulèvent l’écume en larges roues. ”
Jules Girardin, Le locataire des demoiselles Rocher (1888)
“ Ainsi, vous êtes l'ami intime d'un homme qui passe sa vie au café? — Il n'y met plus les pieds. — Qui est criblé de dettes? — Il se prive de tout pour les payer. — Vous en êtes sûr? — Monsieur le sous-directeur, permettez-moi de vous citer un petit fait. Un de nos collègues, par dérision, a fait cadeau d'une tirelire à M. Marvéjols. M. Marvéjols a accepté sérieusement le cadeau. Comme on le juge encore sur son ancienne réputation, tous les pensionnaires de la Sirène sont allés en corps pour passer l'inspection de la tirelire. ”
Claude Tillier,
Pamphlets de C. Tillier : deuxième série
(1844)
“ On se précipiterait sur les baïonnettes ennemies, comme si on avait une poitrine de fer ; et s'il fallait mourir pour ses opinions, on monterait à l'échafaud le front serein et les lèvres souriantes ! ”
Claude Tillier,
Pamphlets de C. Tillier : deuxième série
(1844)
“ Mais les plus braves de ceux qui ont fait votre révolution, où sont-ils que nous ne les voyons pas à cette fête ? Ne viennent-ils point d'eux ces cris de malédiction qui percent les dalles de vos prisons ? Ce brillant soleil, témoin de leur triomphe, jette-t-il seulement, pour saluer leur gloire, un rayon à travers leurs barreaux ? Mais non ! quand on célèbre une révolution, on n'en traite point ainsi les auteurs ! Il est impossible, tandis que vous poursuivez votre orgie dans la salle à manger de ce brillant édifice, que ceux qui l'ont élevé soient enfermés dans les caves ! ”
