Pierre Louÿs,
Œuvres complètes de Pierre Louÿs…
(1929 - 1931)
“ A fini d’éclairer les flots de teintes chair ; Et le soleil est mort dans la profondeur nue Parmi les frondaisons de la flore inconnue. Alors, dans le silence, une voix inconnue S’éleva lentement ; et je vis de la mer Surgir une sirène, incorruptible et nue, Qui parmi le brouillard épars au vent d’hiver Avait des fleurs de givre aux pointes de sa chair Et s’argentait plus blanche aux blancheurs de la nue. Une bourrasque vint qui dissipa la nue. Tout s’éclaircit. Je vis resplendir l’Inconnue. La banquise était moins neigeuse que sa chair. ”
