“ Mon Dieu ! c’est à cela qu’une femme se prend ! Mon Dieu ! si je fais mal, pourquoi, dans cette tombe, M’enfermer, comme on met en cage une colombe, Sans espoir, sans amour, sans un rayon doré ? — Un jour que nous aurons le temps, je te dirai Tout ce que j’ai souffert. ”
Succube
Définition et enjeux
Le succube, figure mythique liée aux incubes et aux démons, incarne souvent une dualité entre séduction et menace. Ce thème, abordé par plusieurs auteurs, révèle des perspectives variées : Victor Hugo évoque dans Ruy Blas une souffrance amoureuse associée à la mort, tandis que Cyprien Robert, dans Revue des Deux Mondes, mêle croyances populaires et émotions funéraires.
Les textes rassemblés ici, allant de la poésie religieuse à la prose dramatique, mettent en lumière une réflexion sur la mort, l'âme et les forces surnaturelles, illustrant comment le succube s'inscrit dans une tradition plus large de représentations du mal, de l'incube et du sabbat. Cette analyse souligne une préoccupation centrale : la tension entre le monde des vivants et celui des esprits.
Citations sur “succube”
Cyprien Robert, Revue des Deux Mondes
“ Chaque matin, la mère désolée va se coucher sur la tombe et cause avec l’âme de son fils. — Mon pauvre enfant, dis-moi, la terre t’est-elle pesante ? ta poitrine est-elle oppressée par les planches d’érable du cercueil ? Un bruit plaintif sort doucement du fond de la terre : — Ce n’est point, ô mère chérie, la terre qui me pèse, ni les planches d’érable de mon cercueil; ce qui me tourmente, c’est la douleur de ma fiancée. Chaque fois qu’elle pleure, mon âme en gémit dans les cieux, et quand elle se désespère, mes os se brisent et s’entrechoquent dans le tombeau. ”
Collectif, Répertoire national/Vol 1
“ Viens offrir au ciel tes prières, Viens méditer sur leur cercueil. L’herbe qui croît sur cette tombe, Viens la baiser avec transports ; Sur elle quand ton âme tombe, N’y trouve pas l’herbe des morts. ”
Accurse Alix, Paris et Rome, poésies, par Accurse Alix (1850)
“ Versez votre ombre pacifique Sur les gloires de son cercueil ! Pontifes, confesseurs, apôtres, ' Qui peuplez ces murs immortels, Recevez-le comme un des vôtres 7 Sous la garde de vos autels ! — 24 — Non, jamais temple de mémoire, Embaumé d'encens et de fleurs , Ne fut témoin de plus de gloire, Ne fut témoin d'autant de pleurs ! La foule immense et recueillie Entoure d'amour le cercueil, Et, dans ce deuil, chacun oublie Sa propre douleur et son deuil. Dans sa foi naïve, la mère Amène son petit enfant, Pour qu'il effleure le suaire Du saint cadavre triomphant ”
Émile Trolliet, La route fraternelle
“ À ses cheveux blanchis s’unir tes boucles d’or — Pour notre mère aussi, qui voulut, cœur de flamme, Réchauffant tous les siens d’un amour éternel, Nous dévouer sa vie, et son corps, et son âme : Sacrifice : vrai nom du rôle maternel ! ”
Sabine de Ségur,
Sabine de Ségur, en religion soeur Jeanne-Françoise…
(1873)
“ Sous un voile on l'étend par terre, Et sur elle on dit la prière Qui se chante sur un cercueil. Vivante et sainte sépulture 1 C'est la chair et son vain murmure, Le faux amour qu'attend l'oubli, C'est tout ce qui fuit et nous trompe Qui, dans cette funèbre pompe, Est à jamais enseveli ! Le Dieu jaloux qui la réclame Reste seul debout en son âme: 0 Christ, elle est bien toute à vous ! L'esprit de votre croix l'anime : Elle est amour, elle est victime : L'épouse est digne de l'époux ! Adieu donc, orna sœur, ô ma compagne aimée, Toi dont le souvenir m'est plus doux que le miel. ”
André de Guerne, Les Siècles morts
“ Dans le deuil et l’effroi vous l’entendez encor Au pied du Mont sacré pousser sa plainte ardente. Les pleurs, comme une source amère et fécondante, Ruissellent de la Croix dans les cœurs altérés ; La Vierge maternelle, entre ses bras navrés Berçant éperdument le cadavre du Juste, Divinisa l’angoisse et la souffrance auguste, Et l’âme est comme un arbre épanoui qui sort Vivace et florissant du sol noir de la mort. ”
Nikolaus Lenau,
Gedichte, volume 2
“ Hélas, la tombe l’a embrassée avant moi. Viens, ô mère chérie, laisse-toi émouvoir ! Si ton amour, même morte, est encore vif, Et si tu veux comme autrefois soigner ton fils, Permets-moi de quitter bientôt cette existence. ”
William Shakespeare,
Roméo et Juliette
(1597)
“ Douloureux moment ! — La mort qui me l’a prise pour me faire gémir — enchaîne ma langue et ne me laisse pas parler. — Allons, la fiancée est-elle prête à aller à l’église ?— Prête à y aller, mais pour n’en pas revenir ! — Ô mon fils, la nuit qui précédait tes noces, — la mort est entrée dans le lit de ta fiancée, — et voici la pauvre fleur toute déflorée par elle. — Le sépulcre est mon gendre, le sépulcre est mon héritier, — le sépulcre a épousé ma fille. Moi, je vais mourir — et tout lui laisser. Quand la vie se retire, tout est au sépulcre. ”
Fieschi, Oraison funèbre prononcée sur la tombe de M. Jacques-Alphonse Marcelli… (1856)
“ Et maintenant que la tombe va se fermer sur ta dépouille mortelle et que la terre nous reprend ce qu'il y a en toi de périssable, âme pure et généreuse contemple du séjour des bienheureux le bien que tu as fait ici-bas. ”
“ Parce qu’elle dit dans son cœur : Je suis assise en reine et je ne suis point veuve, et je ne verrai point de deuil ; 8. — c’est pourquoi en un seul jour viendront ses plaies, mort, et deuil, et famine, et elle sera brûlée au feu : car le *Seigneur Dieu [85] qui l’a jugée est puissant ! 9. Et les rois de la terre, qui ont commis fornication et qui ont vécu dans les délices avec elle, pleureront et se lamenteront sur elle, quand ils verront la fumée de son embrasement, 10. — se tenant loin par crainte de son tourment, et disant : Hélas ! ”
“ Corolle en cœur, ô fleur si chère aux cœurs pensifs ! Ton visage de fleur obscurément ovale D’un funèbre plaisir charme un esprit pervers, Car, entre l’aile double et le triple pétale, Le masque de la mort assombrit tes ors verts. ”
Jean Simon, Les Morts instruisant les vivants… (1844)
“ Pour vous, jeune femme, digne objet de tant de pleurs, descendez dans le berceau de la mort ou plutôt de l'immortalité! Dans ce berceau vous n'aurez pas les sourires de la tendresse qui brillèrent autour de votre enfance et de votre adolescence, mais vous y aurez les prières, les larmes de votre mère et le sang de JésusChrist. Vos os et votre ame seront abreuvés de ces prières, de ces larmes, de ce sang! ”
François Fabié,
Vers la maison
(1899)
“ Puis, dans la même alcôve où la fraîche épousée Entra vierge, la mère, avant l'heure épuisée D'avoir donné son sang à flots avec son lait, Se couche un soir, très pâle, et meurt sans une plainte, — Mains jointes, le rosaire aux doigts, comme la sainte Qui du Paradis l'appelait... Le maître en son grand lit demeure solitaire, Tout son coeur à la morte, et voulant que sa terre Aux fils qu'elle enfanta ne fasse point défaut ”
“ Les pierres qui se fendent, m'exhortent à briser et à rompre la dureté de mon cœur par une prompte et sincère pénitence, qui venge sur moi, ô Jésus, votre mort, causée par mes péchés. Les sépulcres qui s'ouvrent, me pressent de sortir du tombeau infect de mes mauvaises habitudes, et de m'éloigner de la compagnie de ceux qui sont dans la mort du péché. Les morts qui ressuscitent, font voir que votre mort est la source de la vie. ”
Louis Besson,
L'Année d'expiation et de grâce…
(1872)
“ Vous faites une profession de foi spiritualiste, et, ce qui est mieux, chrétienne et toute française. Vous allez confesser devant cette tombe que l'homme ne meurt pas tout entier, que l'âme survit au corps, et que le corps lui-même renaîtra de sa pourriture dans la lumière et dans la gloire. ”
Jean Simon, Les Morts instruisant les vivants… (1844)
“ Glorieux triomphateur de la mort, lorsque vous mouriez sur la croix, votre sang purifiait les ames, et la puissance de votre dernier soupir déchirait de haut en bas le voile du temple, fendait les rochers, réveillait les morts dans leurs antiques monuments, et ouvrait les cieux sublimes! Protégez de votre miséricorde et des mérites de votre passion les ames et les corps des défunts : nous vous en conjurons, prosternés au pied de vos autels et dans la poussière des tombeaux! ”
Laurence Sterne,
Œuvres complètes de Laurence Sterne
“ Si ces leçons sont inséparables de la maison de deuil, telle que je viens de la peindre, nous trouvons une école encore plus instructive dans celle que le texte sacré veut nous représenter ; c’est le spectacle affligeant du deuil et des lamentations que la mort occasionne. Tournez un instant les yeux de ce côté. Voyez un cadavre prêt à être inhumé. C’est le fils unique de cette mère éplorée, et sa veuve est ici. La scène est peut-être encore plus attendrissante. C’est le bon et tendre père d’une famille nombreuse, qui est couché là sans vie. ”
Louis Anne Dubreil,
Poésies dédiées à ses élèves
(1847)
“ Je connais au ciel une femme Qui veillerait sur ton berceau, Et qui saurait de la jeune âme Ecarter l'Esprit du tombeau. Tous les blancs lui disent : ma mère ! Et les esprits aux ailes d'or Viennent la nuit, à sa prière, Bercer le jeune enfant qui dort. ”
“ Mon sang est plein du fils que le ciel nous envoie. Au devant de ce fils tout mon cœur s’est jeté. Ô sol sacré, je sais pour quel dieu tu travailles, Je sais par quel amour le monde est emporté. Rien ne meurt, tout retourne à l’unique clarté. Un nouvel univers naît de nos funérailles. ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ Ô fils de ton père et de ta mère, ô enfant qui portes en toi la vie et qui oublies combien la femme est troublante et pervertissante, va, satisfais tous tes désirs ! mais, comme une dernière grâce, je te supplie de creuser ici même ma tombe, et de m’ensevelir sans mettre de pierre indicatrice sur l’endroit où je reposerai. ”
“ Elle étendit les bras et de toute l’aspiration de son âme torturée : — La mort ! Seigneur Jésus ! répéta-t-elle ; Christ saint, par vos plaies et par votre passion sur la croix... Vierge mère, par vos larmes !... La mort ! la mort ! la mort ! ”
C. Courtin, Plaintes (1861)
“ La mère ensevelit une fille charmante, Le fils avant le père est mis dans le cercueil, Le jeune fiancé, de sa trop jeune amante, Morne, accablé, porte le deuil. Auprès de nous, sans cesse, une tombe s'entrouvre, L'homme fort aujourd'hui, disparaîtra demain ”
“ Vierge Sainte, je vous en supplie, implorez celui qui nous a sauvés de la mort et de la damnation, par la vertu de sa mort volontaire et de sa sépulture ; obtenez que ma nature déchue et devenue la proie de la mort soit sauvée, et triomphe de la malice de tous ses ennemis. Bienheureuse Vierge, je reconnais que vous êtes la protectrice de ma vie, ma sauvegarde fidèle, qui éloigne de moi les tentations, qui déjoue les embûches des esprits impurs ; c’est pourquoi je vous implore sans cesse, afin que vous m’obteniez d’être délivré de toute tentation. ”
Honoré Sclafer, Le Sceptique mourant, par Honoré Sclafer (1844)
“ Et vous, vous surtout priez pour lui, mère immaculée, vous qui, au pied de l'arbre où pendait le fruit de vie, fûtes baptisée de ce sang précieux dont seule vous n'avez pas besoin , parce que vous avez été conçue sans péché, et que vous avez vécu sans souillures. Si, bien des fois te jour, dans les paroles qui vous sont chères, je vous ai demandé de m'assister à l'heure de ma mort, reportez à présent sur cette tête menacée les mérites obtenus par mon intercession auprès de vous. Oh ! ne me repoussez pas ! Tenez, je vous prie avec toute mon âme ! ”
Jules Joseph, La captivité à Ulm ; suivi d'une liste de décès… (1880)
“ Fais ton devoir, confesse-toi et communie, écrivait une de ces vaillantes mères à son enfant; si tu meurs en chrétien, je ferai à Dieu le sacrifice de mes larmes par la pensée que la mort a été ton salut, puisque rien ne te séparera de lui; sinon ta perte me causera un désespoir sans consolation et sans remède qui me conduira au tombeau. 0 mon fils, épargne cette douleur à ta mère, qui t'aime et qui ne t'a donné le jour que pour te procurer le ciel. ”
José-Maria de Heredia,
Les Trophées
“ C’est là que l’homme naît, se repose et s’unit, Enfant, époux, vieillard, aïeule, femme ou vierge. Funèbre ou nuptial, que l’eau sainte l’asperge, Sous le noir crucifix ou le rameau bénit, C’est là que tout commence et là que tout finit, De la première aurore au feu du dernier cierge. ”
Lachaise, Chapelets de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de la Sainte Vierge
“ Un Pater et sept Ave. PRIÈRE. Ô Vierge excédée de douleurs ! vous qui avez reçu sur votre sein et pressé contre votre cœur le corps adorable de votre Fils, après qu'on l'eut détaché de la croix, qui en avez baisé mille et mille fois les places sacrées, les arrosant d'un torrent de larmes ; ah ! faites, de grâce, que nous aussi nous versions sans cesse des larmes de contrition, qui puissent laver et guérir les plaies mortelles que le péché a causées à nos âmes. ”
Amable Tastu,
Poésies nouvelles
“ Pour nous, maudits, qui vivons de blasphèmes, Croisant les bras sur notre sein blasé, Nous nous moquons de tout, et de nous-mêmes, Ou nous creusons dans un sol épuisé. De l’art passé troublant la sépulture, Nous exhumons quelque noble figure, Mais, sans pouvoir ranimer sa beauté ; D’un vain scalpel nous fouillons ses entrailles, Pour découvrir, avant ses funérailles, Par quel secret ce corps a palpité ! ”
“ Quoique vous soyez descendu dans la tombe, ô Seigneur, vous avez triomphé de la puissance des enfers, et, vainqueur, vous êtes ressuscité et vous avez dit aux saintes femmes : Réjouissez-vous. Et par le bienfait de la résurrection, vous avez donné la paix à vos disciples et à la créature déchue. 7. Celui qui préserva les jeunes hommes dans la fournaise ardente, s’étant fait homme, souffre pour nous, et par la vertu de sa Passion il revêt notre nature mortelle d’une beauté incorruptible. Bénissons et glorifions le Dieu de nos pères. ”
Charles Baudelaire,
Les Fleurs du mal/1868
“ Plus d’un illustre moine, aujourd’hui peu cité, Prenant pour atelier le champ des funérailles, Glorifiait la Mort avec simplicité. — Mon âme est un tombeau que, mauvais cénobite, Depuis l’éternité je parcours et j’habite ”
Jean Simon, Les Morts instruisant les vivants… (1844)
“ Mais vous, noble demeurante d'un siècle plus pieux envers les morts, allez plus souvent désormais , dans votre désolation redoublée, vous agenouiller sur les tombes de votre époux et de votre soeur, et, de ces tombes, allez à l'autel demander du sang pour les ames et pour les cendres de vos morts. Arrosez de vos prières, de vos larmes et du sang de Jésus-Christ ces cendres encore chaudes de la tendresse pleine de dévouement qu'elles vous portèrent lorsqu'elles s'appelaient vicomte de Royère et Blanche de Lastours! ”
Émile Souvestre,
Les Derniers Bretons
“ Apportez ici ces cadavres, et priez avec une âme repentante, ces malheureux seront rendus à la vie par la bonté divine, et vous obtiendrez votre pardon. (On tire du coffre le bassin où sont les trois corps ; et le saint, s’agenouillant, dit :) Ô mon Dieu ! dont la main a créé toutes choses, le ciel, la terre, l’air et l’eau, permets que ces enfans revivent, et tu les entendras chanter tes louanges... ”
Alexandre Lemoine, Harmonies de la glèbe, par Alexandre Lemoine… (1847)
“ Si l'ange s'oublia devant tant de douleur, Si la pitié m'ouvrit les portes de son cœur, Qui pourrait la blâmer? La femme qui succombe En voulant disputer une vie à la tombe , Peut marcher sans rougir dans la société , Car son beau dévoùment au ciel même est compté ! ”
Jean Simon, Les Morts instruisant les vivants… (1844)
“ « Enfants, donnez des souvenirs reconnaissants à votre père, donnez une tombe à celui qui vous donna de si vastes et si gras héritages, donnez-lui des prières; demandez aux veines du vainqueur de la mort quelques gouttes de ce sang qui, sur l'autel et dans les cieux, interpelle pour les vivants et.pour les morts ». ”
Allemand de Montrigaud, Excursions, poésies par Allemand de Montrigaud… (1868)
“ Quand vous pénétrerez dans la funèbre enceinte Où les restes mortels gisent en terre sainte, Arrêtez-vous un peu devant quelques tombeaux Où tous les sentiments les plus purs, les plus beaux, Se trouvent exprimés dans certaines formules Pour éblouir les yeux de visiteurs crédules. Les parents, écrasés par le poids du malheur, Prodiguent aux passants leurs marques de douleur. ”
Jacques Bénigne Bossuet,
Oraisons funèbres
“ Si, touchés des saints exemples que je vous propose, vous laissez attendrir vos cœurs, si Dieu a béni le travail par lequel je tâche de vous enfanter en Jésus-Christ et que, trop indigne ministre de ses conseils, je n’y aie pas été moi-même un obstacle, vous bénirez la bonté divine qui vous aura conduits à la pompe funèbre de cette pieuse princesse, où vous aurez peut-être trouvé le commencement de la véritable vie. ”
Henri-Abel Mortier, Éloge funèbre de M. le baron Victor-Simon Du Sart de Nolembaix… (1868)
“ Ils vous bénissent dans leur tombe, ces amis vos contemporains qui vous ont précédé dans la voie de la mort, qui ont reçu vos exhortations et vos conseils, que vous avez excités à se rapprocher de Dieu, et auxquels vous avez ménagé avec l'accès aux sacrements, l'accès à la vie bien-heureuse. ”
Anatole France,
Les poèmes dorés
(1920)
“ Si la vierge vers toi jette sous les ramures Le rire par sa mère à ses fèvres appris; Si, tiède dans son corps dont elle sait le prix, Le désir a gonflé ses formes demi-mûres; Le soir, dans la forêt pleine de frais murmures, Si, méditant d' unir vos chairs et vos esprits, Vous mêlez, de sang jeune et de baisers fleuris, Vos fèvres, en jouant, teintes du suc des mûres; LA MORT 65 Si le besoin d' aimer vous caresse et vous mord, Amants, c' est que déjà plane sur vous la Mort : Son aiguillon fait seul d' un couple un dieu qui crée. Le sein d un immortel ne saurait s' embraser. ”
