Résumé

Honoré Sclafer Le Sceptique mourant, par Honoré Sclafer (1844)

J'avais devant moi un abîme plein de mystères, et j'y ai jeté une enfant, une jeune fille! Et peut-être cet abîme c'est le néant, et peut-être cet abîme c'est l'enfer ! — Mais comment ai-je pu, moi, si craintif, si faible, consommer l'acte le plus considérable de ce monde? Est-ce la solitude? est-ce la pauvreté volontaire? est-ce la science, qui m'a armé pour le crime? est-ce le doute? — Ah! si je n'étais pas né, quel bonheur! L'existence ne m'a-t-elle été donnée que pour mériter, à force de souffrir, l'anéantissement?
O ma mère, il fallait pleurer sur mon berceau !
Source : Gallica

Honoré Sclafer Le Sceptique mourant, par Honoré Sclafer (1844)

Julla interrompit le silence, et s'adressant à Uranée :
— Que vous font, à vous, ces inconstances de la nature : le printemps qui ranime, l'automne qui dépouille ? Votre ciel est toujours égal, vos constellations fidèles n'émigrent jamais ; il n'y a que la terre où tout change !
— Eh quoi ! déjà tu te plains de. la terre, enfant ! répondit le vieillard sans quitter sa rêverie ; puis, se parlant à lui-même, il ajouta : Et cependant la terre est belle, mais nous passons sans regarder. Nous demeurons inattentifs devant ce grand spectacle de l'univers que Dieu conduit devant nous.
Source : Gallica

Honoré Sclafer Le Sceptique mourant, par Honoré Sclafer (1844)

Mais Julla n'écoutait pas. Dans son désespoir elle était impitoyable.
— Le vieillard est toujours mon père! criaitelle. Je ne sais rien, je ne veux rien savoir ! Il m'aimait : je suis sa fille. Vous avez pu l'arracher de votre lit, mais de ce coeur fidèle vous ne l'en arracherez pas !
— Au nom de Jésus-Christ ! ne me condamne pas, disait la baronne. Écoute mes sanglots, les sanglots de ta mère !... Souviens-toi que tu as été arrachée de mes flancs comme mes entrailles !
Julla frémissait à l'idée d'avoir pour père cet Hellénor qu'elle avait appris à mépriser tant de fois.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature