Victor Hugo

Victor Hugo

Ruy Blas (1838)

Résumé

Portrait de Victor Hugo Victor Hugo,  Ruy Blas (1838)

“ Devant moi tout un monde, un monde de lumière,
Comme ces paradis qu’en songe nous voyons,
S’entr’ouvre en m’inondant de vie et de rayons !
Partout, en moi, hors moi, joie, extase et mystère,
Et l’ivresse, et l’orgueil, et ce qui sur la terre
Se rapproche le plus de la Divinité,
L’amour dans la puissance et dans la majesté !
La reine m’aime ! ô Dieu ! c’est bien vrai, c’est moi-même.
Je suis plus que le roi puisque la reine m’aime !
Oh ! cela m’éblouit. Heureux, aimé, vainqueur !
Duc d’Olmedo, — l’Espagne à mes pieds, — j’ai son cœur !
Cet ange qu’à genoux je contemple et je nomme,
D’un mot me transfigure et me fait plus qu’un homme.
”
Source : Wikisource

Portrait de Victor Hugo Victor Hugo,  Ruy Blas (1838)

“ Pour donner une fleur à la reine d’Espagne ;
Qui que tu sois, ami dont l’ombre m’accompagne,
Puisque mon cœur subit une inflexible loi,
Sois aimé par ta mère et sois béni par moi !
Vivement et portant la main à son cœur.
— Oh ! sa lettre me brûle ! —
Retombant dans sa rêverie.
Oh ! sa lettre me brûle ! —Et l’autre ! l’implacable
Don Salluste ! le sort me protège et m’accable.
En même temps qu’un ange, un spectre affreux me suit ;
Et, sans les voir, je sens s’agiter dans ma nuit,
Pour m’amener peut-être à quelque instant suprême,
Un homme qui me hait près d’un homme qui m’aime.
”
Source : Wikisource

Portrait de Victor Hugo Victor Hugo,  Ruy Blas

“ Au milieu des éclats de rire de la foule!
GUDIEL.
Nul ne le sait encor, monseigneur.
DON SALLUSTE.
Mais demain!
Demain, on le saura!—Nous serons en chemin!
Je ne veux pas tomber, non, je veux disparaître!
[p. 7] Il déboutonne violemment son pourpoint.
—Tu m’agrafes toujours comme on agrafe un prêtre,
Tu serres mon pourpoint, et j’étouffe, mon cher!—
Il s’assied.
Oh! mais je vais construire, et sans en avoir l’air,
Une sape profonde, obscure et souterraine!
—Chassé!—
Il se lève.
GUDIEL.
D’où vient le coup, monseigneur?
DON SALLUSTE.
De la reine.
Oh! je me vengerai, Gudiel! tu m’entends?
”
Source : Gutenberg

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature