Résumé

Fauriel Les amours de Lope de Vega. — La Dorothée

Quand on veut nettoyer une chose, on la lave : j’ai été ainsi purgé de ma passion par les larmes de Dorothée. Ce qui me tuait, c’était de la croire amoureuse de don Bela ; ce qui me faisait perdre le sens, c’était d’imaginer qu’ils n’avaient, elle et lui, qu’un seul et même désir. Mais quand j’ai su qu’elle était contrainte et désolée, quand je l’ai entendue se plaindre de son tyran, maudire Gherarda, accuser sa mère, s’emporter contre Célie, me nommer son vrai seigneur, son premier et son seul amour, j’ai senti mon ame s’alléger de l’horrible poids qui l’accablait.
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Fauriel Les amours de Lope de Vega. — La Dorothée

Gherarda. — Je veux dire l’or de son entendement.
Célie. — Et moi de ses coffres.
Dorothée. — Moi, ni lui ni ses coffres.
Gherarda. — Dorothée, Dorothée, tandis que tu es jeune, prends pour quand tu seras vieille, car, lorsque tu seras vieille, on ne te donnera plus comme aux jeunes. Ne songe plus à tes folies, songe à ton manteau ; il me semble que je t’en vois parée, aussi resplendissante que don Juan d’Autriche, dans la grande bataille navale, au milieu de tous ses vaillans capitaines, honneur de leur nation.
Célie. — L’étrange vieille ! Entendez donc les extravagances qu’elle débite !
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Fauriel Les amours de Lope de Vega. — La Dorothée

Gherarda. — Tu as bien accepté le vase.
Dorothée. — Ce vase est une bagatelle, et l’amour pourrait être offensé si je refusais son image.
Gherarda, à part. — Les affaires vont à merveille. Les augures que m’ont donnés ce matin ma pantoufle et mes ciseaux ne m’ont pas trompée. Dorothée n’est plus si revêche.
Dorothée. — Que dis-tu là entre tes dents ?
Gherarda. — Je dis que j’envie ta jeunesse et tes graces ; je dis qu’il y a dans tes yeux un aimant qui attire l’or et le désir, surtout depuis que leurs prunelles rient de l’espoir du manteau.
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