Résumé

Portrait de Molière Molière Sganarelle, ou Le cocu imaginaire… (1889)

SGANARELLE.
Est ma femme, et je suis son mari.
LÉLIE.
Son mari ?
SGANARELLE.
Oui, son mari, vous dis-je, et mari très marri;
Vous en savez la cause, et je m'en vais l'apprendre Sur l'heure à ses parents.
SCÈNE X
LÉLIE, seul.
Ah! que viens-je d'entendre?
L'on me l'avoit bien dit, et que c'étoit de tous L'homme le plus mal fait qu'elle avoit pour époux. Ah ! quand mille serments de ta bouche infidèle
Ne m'auroient pas promis une flamme éternelle,
Le seul mépris d'un choix si bas et si honteux Devoit bien soutenir l'intérêt de mes feux,
Ingrate, et quelque bien...
Source : Gallica

Portrait de Molière Molière Sganarelle, ou Le cocu imaginaire… (1889)

Qui puisse d'une femme exciter la vengeance,
Tu prends d'un feint courroux le vain amusement Pour prévenir l'effet de mon ressentiment ?
D'un pareil procédé l'insolence est nouvelle :
Celui qui fait l'offense est celui qui querelle,
SGANARELLE.
Eh! la bonne effrontée! A voir ce fier maintien,
Ne la croiroit-on pas une femme de bien?
SA FEMME.
Va, poursuis ton chemin, cajole tes maîtresses, Adresse-leur tes vœux et fais-leur des caresses ; Mais rends-moi mon portrait sans te jouer de moi.
(Elle lui arrache le portrait et s'enfuit.) SGANARELLE, courant après elle.
Source : Gallica

Portrait de Molière Molière Sganarelle, ou Le cocu imaginaire… (1889)

LÉLIE.
Oui, je connois par là que vous êtes coupable De l'infidélité la plus inexcusable
Qui jamais d'un amant puisse outrager la foi.
SGANARELLE, à part.
Que n'ai-je un peu de cœur!
CÉLIE.
Ah! cesse devant moi,
Traître, de ce discours l'insolence cruelle.
SGANARELLE.
Sganarelle, tu vois qu'elle prend ta querelle;
Courage, mon enfant, sois un peu vigoureux;
Là, hardi ! tâche à faire un effort généreux
En le tuant tandis qu'il tourne le derrière.
LÉLIE, faisant deux ou trois pas sans dessein,
fait retourner Sganarelle qui s'approchoit pour le tuer.
Source : Gallica

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