Louis Gandeerax

Résumé

Louis Gandeerax Revue des Deux Mondes

Mais les héros de M. Delpit sont ingénieux dans le sublime autant que brusques. On le voit bien tout à l’heure. De nouveau devant Germaine, devant le père de Germaine et devant le sien, devant la marquise, tous rassemblés à dessein, Julien subit l’outrage d’Henri : « Je quitte la place, » dit-il faiblement. « J’en étais sûr ! s’écrie l’autre. Vous êtes un lâche ! » Julien ne bronche pas ; Germaine le regarde, toujours avec autant de confiance, mais toujours avec plus de surprise; cet excès d’humilité, à la fin, étonne Henri lui-même : il jette un coup d’œil sur sa mère et comprend tout.
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Louis Gandeerax Revue des Deux Mondes

« Je suis l’homme de l’action, dit Henri. — Et moi, répond Julien, je suis plutôt l’homme du rêve; » puis il ajoute, comme pour donner un premier gage des sentimens de conciliation qui l’animent : « Avouons, monsieur, que nous sommes incomplets l’un et l’autre, et que ce monde est triste où l’action n’est pas la sœur du rêve !.. »
Voilà donc les deux frères en présence et le public dans l’attente. Comment va se déchaîner le drame? Quelle étincelle mettra le feu aux poudres? Une étincelle électrique. Pour un coup de tragédie, s’en peut-il souhaiter de plus moderne?
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Mais il s’incline plus bas encore : « Vous êtes mon père et vous m’avez toujours aimé ; je ne vous juge pas et je vous aime. » Le marquis de Maucroix, si peu qu’il se soit occupé d’Henri, connaît la violence de son caractère, l’intolérance de ses idées, l’amertume de ses sentimens; il tremble que les deux frères ne se rencontrent de nouveau; il demande à Julien, qu’il a élevé, un sacrifice qu’il ne peut demander à Henri, pour qui, hélas ! il est resté un étranger : « Si Henri t’insultait, n’oublie pas qu’il est ton frère aîné. »
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