Résumé

L. Étienne Le Théâtre de 1869 à 1872

Nous avons assez montré, avec M. Sardou, de combien de manières on peut manquer à l’unité morale des caractères : le drame de Julie nous apprend au besoin comment on y reste fidèle. Le mari, la femme, l’amant, ont en eux un principe d’action dont ils ne s’écartent pas, une passion qui les pousse, une volonté qui tâche de lutter, une conscience qui parle et qui les condamne, tout ce qui compose, en un mot, des êtres libres et agissans, non des marionnettes à ressorts. L’amant reste un galant homme jusqu’à ce que les conseils désintéressés qu’il donne soient repoussés avec dédain.
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L. Étienne Le Théâtre de 1869 à 1872

Amour et poésie se confondent en une seule et même idée dans le cœur d’Esther et d’Armand. Il n’y a pas d’églogue sans mise en scène ; le cadre qui entoure celle-ci est une chambrette d’ouvrière où l’amant enseigne à sa maîtresse, outre l’écriture, la grammaire et la musique, les sentimens qui réveillent une âme et l’ennoblissent, où la maîtresse est initiée à l’honneur dont elle n’avait pas l’idée, et qu’elle reçoit comme une révélation. Toutes ces leçons naïves comme l’enfance de l’amour ont la grâce d’une poésie entièrement détachée de la réalité.
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L. Étienne Le Théâtre de 1869 à 1872

Il est vrai que M. Augier entend par ce beau nom de mère celui de la femme vertueuse qui est pleinement digne de le porter. Quoi qu’il en soit, son talent dédaigne la tendresse, sa plume ne connaît pas les entraînemens du cœur. Ses préférences sont ailleurs : il aime à verser dans l’âme de ses personnages favoris les sentimens qui les agrandissent et les poétisent, la passion de la renommée, du désintéressement, je dirais de la gloire, si les limites du genre où se plaît son imagination le permettaient.
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