Eugène Lataye

Résumé

Eugène Lataye Revue dramatique, 1858

Dans les chefs-d’œuvre que nous a légués la tradition classique, nous acceptons, sans en faire l’objet immédiat de notre jugement, la charpente, la distribution des actes, la conduite de l’action, en un mot tout ce qui constitue particulièrement le côté périssable de l’art scénique, et nous ne nous occupons précisément que de la partie immortelle, c’est-à-dire de la composition des personnages, de leur pensée et de leur diction. C’est pourquoi l’artiste qui remplit le rôle principal ne porte pas seulement le poids du personnage qu’il représente : l’œuvre entière repose sur lui.
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Eugène Lataye Revue dramatique, 1858

Selon l’expression usitée, les Doigts de Fée tiennent l’affiche au Théâtre-Français. Qui a raison du public ou de la critique, du public qui ne cherche que le plaisir des yeux ou de la critique qui veut avant tout pour l’esprit un aliment solide, une conception logique, une forme heureuse ? Faut-il croire avec Pangloss que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possible ? Non ; le succès a déjà par lui-même le triste avantage d’influer d’une certaine façon sur les esprits même les plus indépendans. Le fatalisme est plus qu’on ne le croit dans nos habitudes, sinon dans nos opinions.
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Eugène Lataye Revue dramatique, 1858

Il n’est pas d’essai si infime sur lequel ne se détache une pensée quelconque. Il y a certainement un fonds de vérité et d’observation dans l’Héritage de M. Plumet, le nouvel ouvrage des auteurs des Faux Bonshommes, et jamais comédie ne fut plus triste, plus terne ; jamais mots ne furent plus pauvres. Le bonhomme Plumet eût été assez amusant s’il n’eût commencé par montrer du premier coup toute l’étendue de sa bêtise. Après sa première scène, nous le savons par cœur, et nous pouvons nous en aller.
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