Résumé

Émile Montégut Littérature dramatique. — Le Théâtre contemporain au commencement de 1862

Au contraire un chef-d’œuvre s’impose de lui-même ; point n’est besoin, pour le comprendre, de préparation ni d’éducation dramatique ; il dompte par sa seule force l’attention, qui reste rebelle aux œuvres de demi-caractère. De son côté, la bouffonnerie plate et obscène arrête effrontément les spectateurs au passage, comme la prostituée au coin des rues. Dans l’un et l’autre cas, l’émotion, de quelque nature qu’elle soit, noble ou vile, est immédiate. Les genres moyens sont donc, dans un temps donné, destinés à disparaître, si le théâtre continue à descendre la pente sur laquelle il glisse.
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Émile Montégut Littérature dramatique. — Le Théâtre contemporain au commencement de 1862

C’est à la foule que les théâtres ont aujourd’hui affaire, ce n’est plus au public proprement dit, et ce mot doit même être abandonné désormais comme trop exclusif et trop étroit pour désigner cette masse de spectateurs venus de points si divers, qui se dirige comme un fleuve qui a rompu ses digues tantôt vers un spectacle, tantôt vers un autre, qui laisse subitement à sec le théâtre qu’elle inondait la veille, et qui va porter une fertilité momentanée à des théâtres jusqu’alors dédaignés.
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Émile Montégut Littérature dramatique. — Le Théâtre contemporain au commencement de 1862

Il est très évident que cette fièvre de reprises n’existerait point, si les directeurs de théâtre pouvaient monter des pièces dont le succès fût à peu près certain ; mais, de bonne foi, que veut-on que devienne un directeur de théâtre entre un public qui demande qu’on l’amuse et des auteurs qui n’amusent ni n’intéressent le public ? Il va chercher dans le répertoire dramatique des pièces qui peuvent attirer la foule, plutôt que de faire, à ses risques et périls, des expériences dont le résultat le plus clair serait de le ruiner.
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