Émile Montégut

Résumé

Émile Montégut Revue dramatique, 1861

Lorsque le poète s’est dirigé vers le théâtre, ce lyrisme descriptif l’a suivi avec fidélité et a refusé de le quitter. Il est vrai de dire que le poète n’a pas fait de bien vifs efforts pour s’en débarrasser, et que très probablement il a compté au contraire sur son appui pour conquérir le succès qu’il cherchait. Dans un temps où le réalisme et la prose ont envahi la scène et ont lassé même les imaginations les moins rebelles à la vulgarité, la poésie, sous quelque forme qu’elle se présente, à quelque heure qu’elle arrive, sera certainement la bien-venue.
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Émile Montégut Revue dramatique, 1861

Plusieurs fois il a rencontré quelques traits de bonne comédie. Qu’il tienne ferme ce pan de la robe de la muse comique qu’il est parvenu à saisir, et s’il se peut, qu’il ne la laisse plus échapper. De toutes les muses, c’est la plus familière en apparence, c’est la moins facile en réalité : elle n’accorde ses faveurs qu’à ceux qui les méritent par une grande imagination unie à un solide bon sens, les deux qualités qu’il faut à tout poète dramatique, et que je souhaite à M. Bouilhet.
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Émile Montégut Revue dramatique, 1861

Ce spectateur d’autrefois n’est plus, il s’en est allé où s’en vont les vieilles lunes et les débris des honnêtes et douces mœurs de la vieille France. Il a été remplacé par le spectateur moderne, qui est à la fois beaucoup moins naïf et beaucoup moins exigeant. Aujourd’hui le spectacle n’est plus pour personne un plaisir rare et exceptionnel. On ne se prépare plus d’avance à cette fête de l’esprit ; on ne sait pas la plupart du temps, après le dîner, si on doit aller au théâtre ou si on ne doit pas y aller.
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