Résumé

G. Perrot Revue des Deux Mondes

Il y a là une profondeur d’observation, une richesse de contrastes, une connaissance du cœur de la femme, dont rien dans la tragédie antique, si ce n’est quelques scènes d’Euripide, ne peut donner l’idée. Pour l’homme moderne, qui doit à la femme ses plus chères joies et ses plus mortelles douleurs, un théâtre d’où les femmes sont absentes ne sera jamais qu’un théâtre incomplet.
C’était pourtant, lui aussi, un génie humain et tendre, sous son apparente rudesse, que le grand Eschyle. Voyez par exemple la première scène du Prométhée.
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G. Perrot Revue des Deux Mondes

C’est pour cette raison que, malgré tous les progrès de la critique, il ne me paraît pas probable qu’Eschyle prenne sur l’imagination du public lettré le même empire que Shakspeare, et qu’il devienne jamais populaire. Pour arriver à ne point souffrir de le trouver si différent des modèles, soit classiques, soit romantiques, auxquels nous sommes accoutumés, pour le saisir tout entier dans le vif de son génie, pour en jouir sincèrement, toute phrase et toute affectation mise à part, il faudra toujours quelque érudition et un certain effort d’esprit.
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G. Perrot Revue des Deux Mondes

Prométhée sans doute éprouve de bien dures souffrances ; mais la dernière, la plus poignante de toutes, lui est épargnée : le chagrin de se voir abandonné et trahi par ceux à qui il a fait du bien et qu’il a aimés.
On le voit, pour les dons naturels, la richesse et la hauteur du génie, Eschyle ne reconnaît point de supérieur, et ne peut avoir que des égaux ; mais ce qui fait que de tous les rois de la scène c’est lui que nous avons le plus tardé à comprendre et à goûter, c’est qu’il est de tous le plus éloigné de nous, de notre état social, de nos habitudes d’esprit et de cœur.
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