Résumé

C. Martha La Moralité dans l’art

L’art a donc son langage à lui, sa beauté propre, ses ravisse-mens, et n’a pas d’autre devoir que d’être beau et ravissant. Il n’est pas tenu d’être utile et ne songe pas à l’être. Parler ainsi ce n’est point accorder, comme on pourrait croire, un privilège extraordinaire au beau, car ce privilège est aussi celui du bien. Le bien reste le bien, alors même qu’il n’est pas utile. Un acte héroïque n’en est pas moins héroïque pour ne servir à rien. Le beau, quoiqu’il entraîne avec soi des avantages, ne doit être admiré que pour lui-même.
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C. Martha La Moralité dans l’art

Combien aussi ce sentiment prend plus d’énergie dans une foule, au théâtre, quand l’émotion de chacun est multipliée par celle de tous et que toute rassemblée bat d’un seul cœur ! Si on pouvait alors pénétrer d’un regard dans toutes les âmes réunies, on aurait un spectacle aussi beau que celui de la scène, le spectacle d’un enthousiasme commun pour la vertu et la venté, et aussi le spectacle d’un immense bonheur ; car l’émotion littéraire a pour effet de précipiter notre sang, de nous avertir que nous vivons, comme l’a dit un poète :
Plus je sens vivement, plus je sens que je suis.
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C. Martha La Moralité dans l’art

Tout ce qui nous aime ou ce que nous aimons nous paraît mériter les honneurs de l’art. Le chien d’Eumée n’est pas un des moindres personnages de l’Odyssée. Rien n’est petit, rien n’est vil de ce qui peut toucher le cœur de l’homme. Que le berger de Virgile plaigne ses agneaux, qu’un prisonnier regrette un insecte hideux, compagnon de sa solitude, qu’un autre pleure une fleur amie qui n’égaie plus l’horreur de sa prison, partout où l’homme jette une larme, la pure substance de ses yeux et de son cœur, il y a de la grâce morale et un sujet de poésie.
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