Résumé

François Arnaud Choix de discours de réception à l'Académie françoise…

Voilà le véritable principe de la distance qu’il y a du caractère de la langue grecque, au caractère de la nôtre.
Transportons-nous à Athènes ; nous y verrons le poète, l’orateur, l’historien, le philosophe même, réciter leurs compositions à des hommes assemblés, à des hommes dont les sens étoient sans cesse exercés et toujours insatiables ; à des hommes qui pardonnoient tout à celui qui savoit charmer leurs oreilles. Un trait d’éloquence ou de poésie venoit-il s’offrir à leur mémoire ?
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François Arnaud Choix de discours de réception à l'Académie françoise…

N’envions point aux Anciens des avantages que nous ne pourrions obtenir qu’en nous privant de ceux dont nous jouissons. Notre langue a des richesses qui lui sont propres, sachons en profiter, et tâchons de les entendre ; mais gardons-nous de détourner, de violenter sa marche, et ne la conduisons à la perfection qu’en étudiant son caractère, qu’en suivant la direction du principe qui l’anime.
L’art de la parole est, comme tous les Arts, le produit du besoin et de l’intérêt général. La forme du Gouvernement et la nature des mœurs ont déterminé le caractère et le génie de toutes les langues.
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François Arnaud Choix de discours de réception à l'Académie françoise…

Dans une démocratie, où l’éloquence peut tout sur la multitude, de qui tout dépend, les artifices du langage ont dû avoir pour but d’ébranler l’imagination, de flatter les sens, d’enflammer les passions du peuple. Dans une monarchie, où règnent des intérêts et des besoins d’un autre genre, ce principe caché, mais puissant, qui forme les mœurs et les usages d’une Nation, doit imprimer au langage une autre direction, un tout autre caractère.
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