“ Il y a donc un accent général qui, dans la conversation ou la déclamation, dirige toute une période, ou toute une strophe, y fixe la longueur des valeurs auditives, ainsi que les timbres des mots. Cet accent semblable chez tout le monde, en ce sens que chaque passion, chez tous, produit à peu près le même phénomène, accélération ou ralentissement, semblable au moins en son essence, cet accent est communiqué aux mots, par le sentiment qui agite le causeur ou le poète, uniquement, sans souci d’accent tonique ou de n’importe quelle valeur fixe qu’ils possédaient en eux-mêmes. ”
Accent
Définition et enjeux
L’accent, en tant que notion sociolinguistique, désigne les particularités de prononciation qui permettent d’identifier le profil géographique ou social d’un locuteur. Il repose sur une perception comparative par l’interlocuteur, souvent en opposition à une norme linguistique, telle que le français standard. Cette variabilité phonologique et sociale a été abordée par plusieurs auteurs : Antonio Scoppa souligne l’importance de l’accent tonique comme élément structurant de la parole, tandis qu’André Barre met en avant son rôle émotionnel, capable de transformer un discours.
Les représentations liées à l’accent, qu’elles soient positives (authenticité) ou négatives (stigmatisation), révèlent des dynamiques de prestige et de discrimination liées à la langue. Les recherches montrent ainsi que l’accent n’est pas seulement un phénomène linguistique, mais un reflet des enjeux identitaires et sociaux.
Citations sur l'accent
Antonio Scoppa, Des beautés poétiques de toutes les langues… (1816)
“ Une langue quelconque a un accent tonique dominant sur une syllabe de chaque mot. La nature a donné, et elle ne pouvait pas refuser, cet accent sans lequel la parole ne serait plus parole. Cet accent, qui donne l'être à la parole, qui en est lame, qui l'arrondit, et qui est comme un centre d'unité auquel vont se rallier les syllabes pour faire un tout; cet accent, dis-je, ne peut être qu'un seul dans chaque mot. Un mot avec deux ou trois accents, n'est pas un mot, mais deux ou trois mots. ”
Laurence Sterne,
Vie et opinions de Tristram Shandy
“ Mais il y a un accent d’humanité, — comment le décrirai-je ? C’est un accent qui couvre tout d’un voile, et qui donne le droit de faire des questions, avec autant de détails et de particularités qu’un chirurgien. ”
Robert de Flers Gaston Arman de Caillavet, L’Habit vert comédie en quatre actes
“ LA DUCHESSE Mais je n’ai plus d’accent !... PARMELINE Presque plus ; mais, toutes les fois que vous vous trouvez en présence d’un homme que vous allez aimer, il revient, cet accent, il grandit, il devient prodigieux, vous passez insensiblement du français à l’anglais et de l’anglais à une sorte de dialecte inarticulé qui est chez vous le langage de la passion naissante.LA DUCHESSE Est-ce possible ? ”
Antonio Scoppa, Des beautés poétiques de toutes les langues… (1816)
“ Qu'on me dispense donc de démontrer dans la langue française l'existence d'un accent que la nature n'a pas refusé, et qu'elle n'a pu refuser aux langues de tous les temps et de toutes les nations, et même (pour me servir de l'expression d'un auteur français) aux cris des animaux ; d'un accent qui est très-sensible à l'oreille de tous les étrangers, et particulièrement à celle des Italiens ; d'un accent que les grammairiens français anciens et modernes ont reconnu, et que ses antagonistes prononcent au moment même ou ils disent qu'il n'existe pas. ”
François Arnaud, Choix de discours de réception à l'Académie françoise…
“ Tout ce qui sortoit de sa bouche empruntoit de son accent je ne sais quoi de piquant et d’agréable ; à peu-près comme une parure étrangère semble ajouter à la beauté, à la grâce, en fixant plus particulièrement les regards et l’attention. ”
Julien Duquesnois, Manuel de l'orateur et du lecteur… (1857)
“ L'orateur qui peine en prononçant, fait souffrir son auditeur. Le bon accent est celui qui ne fait pas sentir le pays de l'orateur. La meilleure prononciation doit être majestueuse, sans emphase. L'articulation exacte et le beau son de la voix produisent cette majesté. « Pour bien articuler, il faut savoir la valeur des consonnes , le vrai son des voyelles, leur élision, la quantité des syllabes; placer l'accent où il faut, aspirer à propos, doubler ou adoucir certaines lettres. » ”
Élie Berthet,
Les petits écoliers dans les cinq parties du monde
(1878)
“ Chacun d'eux ne diffère d'un autre, dont le sens est tout opposé, que par des traits presque imperceptibles, souvent même par la forme d'un accent, et il y a cinq accents différents dans notre langue. ”
Cécile Beauregard,
Le secret de l’orpheline
“ Malgré son accent qui reste terriblement français, elle possède assez bien notre langue pour faire honneur au poste que vous abandonnez. Quant à son français, n’est-ce pas, en dépit de ma propre incompétence, je sais pouvoir affirmer qu’il est de première valeur. ”
Dr Grasset, Revue des Deux Mondes
“ Quelqu’un prononce une phrase et, avant que cette phrase ne soit terminée, j’ai l’impression soudaine et irrésistible que j’ai déjà entendu les mêmes mots, dits par la même personne, avec le même accent. L’illusion va plus loin. ”
Léon Massenet de Marancour, Confessions d'un commis-voyageur… (1865)
“ Son accent, cause unique de toutes ses mésaventures, c'était grâce à cet accent maudit qu'il en avait été réduit à promener après lui aux quatre coins cardinaux ces quatre grandes caisses, objet de son désespoir. Tour à tour matelot, comique de café chantant, compère de prestidigitateur, somnambule, comédien..', il avait été obligé de déserter successivement toutes ces professions selon son coeur... toujours à cause de son accent. ”
Antonio Scoppa, Des beautés poétiques de toutes les langues… (1816)
“ Il est certain que les grammairiens français et les savants de l'Académie qui ont veillé à la pureté de la langue et de la prononciation, ont établi avec connaissance de cause que la langue française n'a pas d'accent. Mais, parmi les différents accents grammaticaux, prosodiques, logiques , oratoires, nationaux et même provinciaux, de quel accent entendaient-ils parler? Estce du grammatical ou tonique ? Non, sans doute; il est impossible qu'ils eussent pu penser ainsi. Est-ce du prosodique, qui marque les longues et les brèves? ”
Camille Saint-Saëns,
Portraits et Souvenirs
“ Des notes qui n’avaient d’autre raison d’être qu’une syllabe disparue, ou un accent spécial à la langue étrangère et impossible à transporter dans la nôtre, sont conservées au mépris du sens commun ; les accents forts viennent se placer sur les faibles, et vice versa. ”
Ernest Chesneau,
Revue des Deux Mondes
“ Sous la variété des talens humbles, modestes, ou brillans, éclatans, superficiels et légers, que de fois ne rencontrons-nous pas, même chez les plus corrompus, ce retour de naïveté qui pose bonnement les personnages d’une scène en face du spectateur, inattentifs aux bruits du dehors, regardant sans voir : singulier accent, qui se retrouve aux dates les plus éloignées ! ”
Anatole Beaupoil de Saint-Aulaire, Lettres de vieillards, études contemporaines… (1897)
“ Notre langue estelle donc si pauvre qu'il faille emprunter aux autres?... On ne peut plus circuler dans les rues, entrer dans un magasin, un salon, un musée, n'importe où, sans avoir les oreilles écorchées, les nerfs agacés par cet accent guttural et sifflant ! ”
Hector Berlioz,
Correspondance inédite de Hector Berlioz…
“ Il y a des accents, dans la musique vraie, qui veulent leur mot spécial, il y a des mots qui veulent leur accent. Séparer les uns des autres, ou leur donner des approximatifs, c'est faire allaiter un petit chien par une chèvre et réciproquement. ”
Ambroise Firmin-Didot, Observations sur l'orthographe ou ortografie française (1868)
“ Tout le monde connaît l’extrême mobilité de notre accent [227] , et, qu’en se portant toujours sur la dernière syllabe sonore des sections de nos phrases, il coupe celles-ci en un certain nombre de petites prolations dont notre oreille est uniquement frappée, et dans lesquelles elle ne distingue aucunement ces divisions artificielles que nous appelons des mots, que la plume seule nous fait sur le papier détacher les uns des autres. ”
Paul Saunière,
La Succession Marignan
(1881)
“ En effet, vous n'êtes pas Parisienne, on le devine à votre accent. – Oh h ! ce vilain accent ! s'écria-t-elle avec un peu de dépit. Je ne pourrai donc pas m'en débarrasser ? C'est affreux, n'est-ce pas ? ”
Bernard Jullien, L'Harmonie du langage chez les Grecs et les Romains… (1867)
“ L'accent qu'on appelle quelquefois accent tonique, et qu'il vaudrait mieux nommer accent rhythmique, puisque c'est lui qui détermine le rhythme du discours, consiste en ce qu'il y a dans chaque mot prononcé isolément, une syllabe sur laquelle on appuie plus que sur les autres. ”
Maurice Renard,
L’Homme truqué
“ Et, avec un accent épouvantable, on me dit en français : » — Gomment êdes-fus, mon fieux ? Nus allons fus gontuire en pon blace. Also, also, fus serez pien quéri... ”
Louis Marie Quicherat, Petit Traité de versification française
“ Dans toutes tes langues, certains mots, surtout des monosyllabes, en particulier, les pronoms et les prépositions, perdent leur accent dans la suite du discours, parce qu’ils se lient à la prononciation au 1. Il faut bien distinguer, en français, l’accent tonique de l’accent écrit. Ces deux accents se trouvent quelquefois sur la même syllabe, comme dans bonté, accès. Mais ordinairement l’accent tonique ne se marque par aucun signe. Quelquefois même il n’est pas sur la syllabe surmontée d’un accent. ”
Antonio Scoppa, Des beautés poétiques de toutes les langues… (1816)
“ Puisque donc chaque mot de toutes les langues a un accent fixe et déterminé sur une syllabe, et que la place de cet accent est connue de tous ceux qui connaissent leur langue , il serait très-déraisonnable d'admettre un défaut de fixité dans les quantités longues et brèves qui dérivent de cet accent. ”
Albéric Cahuet, Napoléon délivré : documents et témoignages inédits (1914)
“ Cette population, d'ailleurs, est aimable, serviable, empressée auprès des visiteurs chaque année. Elle parle naturellement la langue anglaise, mais avec un accent plus doux qui donne l'impression charmante d'une lente chanson. ”
“ Ces élémens fins et déliés permettent aux femmes de prendre dans leurs discours un accent chantant ou traînant, qu’elles transportent d’ordinaire aux autres langues, où le charme, devenant défaut, déroute au lieu de plaire. ”
Victor Fournel,
Voyages hors de ma chambre
(1878)
“ Toutes les personnes de la classe moyenne avec qui je me suis trouvé en rapports, même les femmes, quelquefois les enfants, parlaient français, tantôt avec facilité et presque sans accent, parfois avec une finesse de tournure où se trahissait le commerce assidu de nos auteurs classiques, toujours de façon à nous faire rougir de notre ignorance et de notre paresse philologiques. ”
P. Burggraff, Principes de grammaires générale… (1863)
“ Quelquefois même cet accent remplace l'une ou l'autre forme grammaticale, par exemple : faire cela (fais cela) ; faire cela ! faire cela ? etc. ; parce que l'intelligence en est dans le cœur, dans l'organisation de tous les hommes. L'accent (l) Voy. Prosodie française , Article second. tonique de son côté n'a rapport qu'à l'élément matériel de chaque syllabe d'un mot (1) . (1) Sur l'accent tonique et sur ses effets dans les langues en général, voyez surtout M. L. Benloew, Accentuation dans les langues indoeuropéennes tant anciennes que modernes. ”
Dictionnaire historique de la langue française… (1865-1894)
“ Les femmes ouvrants la bouche le plus qu'elles peuvent, font issir leur voix en fausset, remuants la langue entre les dents, la retirants vers le palais, et font un accent agu, tel que font les femmes des villages sur la fin de leur cry, en vendant le laict à Paris. Pierre BELON, Singularitez et choses mémorables de divers pays estranges, II, 35. Il se faut garder soigneusement d'un certain accent populaire qui rend les plus belles choses désagréables. ”
Théophile Lavallée, Géographie illustrée de la France et de ses colonies (18..)
“ C'est en même temps le pays du beau langage, qui est parlé sans accent, avec une admirable pureté, et c'est là que pourrait se révivifier la langue nationale, si les excès du néologisme moderne l'entraînaient jamais à sa perte. ”
Bernard Jullien, L'Harmonie du langage chez les Grecs et les Romains… (1867)
“ Cependant quand nous voulons figurer l'accentuation dans les mots français, nous employons le même trait que les anciens, notre accent aigu ordinaire, vertu, félicité. Mais on comprend combien ce signe est insuffisant, puisqu'il marque déjà autre chose, savoir le son de la voyelle, è, e. L'accent est la plus importante des modifications de la voix, comme l'uvaient bien remarqué les anciens ; puisqu'il y a un scholiaste de Denys le Thrace, Mélam.. ”
Antoine Meillet,
Les origines indo-européennes des mètres grecs
(1923)
“ Des modernes dont la langue comporte un accent d'intensité — accent qui est très fort en allemand et en anglais — se représentent mal un rythme fondé uniquement sur la durée variable des éléments successifs. ”
Marie-Louise Sjoestedt-Jonval, Phonétique d’un parler irlandais de Kerry
“ Type ˍ⏑⏑ : accent sur la première syllabe : ˈtᴜ:ləkwɩmʹ (tionnlacaim) « j’accompagne ». § 267. Type ⏑ˍ⏑ : accent sur la deuxième syllabe, avec tendance à syncoper la première (chap. vi) : təˈmɑ:inʹɩmʹ (tiomáinim) « je conduis (une voiture) ». § 268. Type ⏑⏑ˍ : accent sur la troisième syllabe, avec accent secondaire sur l’initiale : ˌɑməˈdɑ̃:n (amadán) « idiot » ; ˌpɔtəˈχɑ̃:n (potachán) « lapereau ». Noter cependant : kwɩˈdʹαχˌtᴜ:ilʹ (cuideachteamhail) « sociable » ; məˈlaχˌtᴜ: (mallachtughadh) « maudire », comme kwɩˈdʹαχtə et məˈlaχt. ”
Pierre Larousse,
Petite grammaire lexicologique du premier âge…
(1857)
“ Les signes orthographiques sont les accents, l'apostrophe, le tréma, la cédille, et le trait-d'union. DES ACCENTS. 368. Il y a trois accents : l'accent aigu, l'accent grave et l'accent circonflexe. 369. L' accent aigu (é) se place sur les é. fermés terminant une syllabe : bouté, vérité. 370. L'accent grave (è) se place : Sur les è ouverts : père, accès ; Sur à, préposition, pour le distinguer de a, verbe ; Sur dès, préposition, pour le distinguer de des, article ; Sur là, adverbe, pour le distinguer de la, article ou pronom ; Sur où, adverbe, pour le distinguer de ou, conjonction. ”
Antoine Carro, Les Voyages lointains d'un bourgeois désoeuvré… (1869)
“ Mon interlocuteur parle un Français très-correct , mais il parle lentement comme quelqu' un qui traduit ses pensées d' une autre langue ; cependant il n' a pas l' accent Anglais , ni l' accent Allemand , ni l' accent Italien , ni même d' accent pour ainsi dire ; il n' a point le type russe ; qui est -il donc ? c' est un homme d' âge moyen à la figure calme et distinguée . Enfin , de lui-même il me parle de son pays : il est Hongrois , il retourne à Pesth où il sera rendu en 45 heures ! ”
F. Génin, Des variations du langage français depuis le XIIe siècle
“ Le système que nous venons d'exposer, par lequel on notait l'accent à l'intérieur du mot, tantôt au moyen des consonnes, tantôt au moyen des voyelles, offrait, ce me semble, des avantages de précision et de délicatesse que n'ont pas nos accents modernes. ”
Académie française, Dictionnaire de l'Académie française… (1718)
“ Accent, Signifie aussi, une petite marque qui se met sur une Voyelle, soit pour en faire connoistre la prononciation, soit pour distinguer le sens d’un mot, d’avec celuy d’un autre mot qui s’escrit de mesme. Accent aigu ’. accent grave `. accent circonflexe ^. Ainsi on met un accent aigu sur un, é, pour marquer que ce n’est pas un, e, muet, mais un, é, fermé, & qu’il doit estre prononcé comme dans ces mots, santé, charité. ”
Dictionnaire historique de la langue française… (1865-1894)
“ Sa femme, bien qu'horriblement laide, faisoit l'adorable, l'adorable, disoit mille sottises assaisonnées d'un accent biscayen qui leur donnoit du relief. LE SAGE, Gil Blas, III, 3. Ce n'est point la voix douce et mignarde de nos Vaudoises; c'est un certain accent dur, aigre, interrogatif, impérieux, moqueur, et plus fort que celui d'un homme. J.-J. ROUSSEAU, la Nouvelle Héloise, part. II, lettre XXI. En chaque nation, en chaque province, et même en chaque ville, on s'énonce avec une sorte dé modulation particulière. C'est ce qu'on appelle accent national, ou accent provincial. ”
Ambroise Firmin-Didot, Observations sur l'orthographe ou ortografie française (1868)
“ Il place l’accent tonique de la façon la plus correcte. Il formule ainsi son précepte: «Règle unique. Les mots dans la langue française ont leur accent sur la dernière syllabe (masculine) .» Ex.: honorablemént, paróy, cordelíer, ils áyment, ils aymérent, vous parlástez (parlâtes) , cest ung terríble cás. Les enclitiques n’ont jamais l’accent. ”
Eugène-Jean Viot, Traité élémentaire d'accentuation latine… (1857)
“ Sur quelle syllabe doit être placé l'accent tonique dans les mots accentués, et quels sont les mots privés d'accent? C'est ce que nous allons maintenant expli- quer. CHAPITRE L DES MOTS ACCENTUÉS. § 1. Des monosyllabes. Tout monosyllabe, à moins qu'il ne soit enclitique ou proclitique, porte un accent. Exemples : mé, tu, vôs, is, súrn, és, ést, súnt, etc. § 2. Des dissyllabes. Tout dissyllabe, qui n'est pas proclitique, doit être accentué sur la pénultième, qu'elle soit longue ou brève. ”
Victor Delbos,
Maine de Biran et son oeuvre philosophique
(1931)
“ Le pouvoir sympathique de l' accent et de la voix se trouve dans les vagissements et les cris de l' enfant ; il se trouve aussi dans les langues des peuples enfants qui ont à se communiquer plus de sensations que d' idées . ”
Hervé Le Poitevin, Essai d’une école chrétienne, dans laquelle on enseigne aux Enfans la maniere de devenir de bons Chrétiens…
“ D. Comment és marqué d’un accent aigu & ez à la fin des mots se prononcent-ils ? R. Ils se prononcent comme l’é fermé ; on écrit bontés, degrez, & on prononce bonté, degré. ES. D. Comment es sans accent se prononce-t-il ? R. Il se prononce comme e feminin ou muet, & on écrit, ames, perles, &c, & on prononce, ame, perle, &c. D. Comment ces monosyllabes ou mots d’une seule syllabe ces, des, mes, ses, tes, es, se prononcent-ils ? R. Ils se prononcent toujours comme ouvert, quoique sans accent. IER. D. Comment ier à la fin des mots se prononce-t-il ? ”
Denis Diderot,
Œuvres complètes de Diderot
“ Vraie maladie, mon cher abbé. C’est cette variété d’accents, que vous avez très-bien remarquée, qui supplée à la disette des mots, et qui détruit les identités si fréquentes d’effets produits par les mêmes causes. La quantité des mots est bornée ; celle des accents est infinie ; c’est ainsi que chacun a sa langue propre, individuelle, et parle comme il sent ; est froid ou chaud, rapide ou tranquille ; est lui et n’est que lui, tandis qu’à l’idée et à l’expression il paraît ressembler à un autre. ”
