F. Génin, Des variations du langage français depuis le XIIe siècle
“ Nous commettons tous les jours cette faute de joindre un pluriel avec un singulier, et personne n'y prend garde, tant l'habitude excuse toutes choses. La seule différence est que nous avons retourné le solécisme de François Ier: c'est aujourd'hui le pronom que nous mettons au pluriel, avec le verbe au singulier. Le sentiment de la dignité personnelle est dans ces derniers temps monté si haut, que personne ne parle plus de soi qu'en disant avec emphase, nous, comme le roi. C'est une manière d'éviter le je, qui est, dit-on, odieux; ce nous solennel jusqu'au ridicule est-il plus modeste? ”
