Jean de Meung

Définition et enjeux

Portrait de Francis Wey Francis Wey Histoire des révolutions du langage en France (1848)

Jean de Meung est, à son époque , ce que nous redevenons si volontiers encore ; c'est un frondeur : nous l'avons aimé comme on aime un portrait de famille où l'on reconnaît quelques airs de sa propre physionomie ; et en lui voyant attaquer ce que nous avons combattu, et lancer de si loin quelques-uues de ces pensées libérales qui, s'accumulant d'âge
en âge, ont fini par nous affranchir du joug, nous avons exalté le fond de ses idées, sans nous montrer exigeants par rapport à la forme de son style.
Source : Gallica

Portrait de Saint-Marc Girardin Saint-Marc Girardin Tableau de la littérature française au XVIe siècle… (1862)

Avec Jean de Meung, qui continue le roman, et de quatre mille vers le porte à vingt-deux mille, l'ouvrage tourne à la satire et se transforme en une sorte d'encyclopédie. Tantôt nous croyons lire quelques pages du Contrat social ou du Discours sur l'inégalité des conditions : le romancier se fait publiciste et presque républicain. Tantôt les vices du clergé et des ordres religieux sont censurés avec une violence qui fait croire que les jours de la Réforme sont tout près d'arriver. Il n'en est rien. Jean de Meung n'est qu'un satirique, et il ne songe pas à détruire ce qu'il attaque.
Source : Gallica

Eugène Géruzez Histoire de la littérature française du moyen âge aux temps modernes (1852)

Ne cherchons là ni l'héroïsme guerrier, ni la foi religieuse, ni le culte de la femme : Jean de Meung ne prêche ni le dévouement, ni le sacrifice, ni la pureté 5 il veut ébranler, au profit de la force matérielle et des instincts de nature, les institutions religieuses et politiques du moyen âge. Il a dans sa poésie toute la violence, toute la brutalité que son maître a portées dans la politique; comme lui, il dépasse le but et compromet ses desseins par l'indignité des moyens.
Source : Gallica

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