Albert Counson

Résumé

Albert Counson Malherbe et ses sources

Tout le plaisir des jours est en leur matinée,
La nuit est déjà proche à qui passe midi,
faisaient songer Sainte-Beuve « à tant de vers d’Homère sur la splendeur de l’aurore, sur le jour sacré [31] », c’est que Sainte-Beuve connaissait la poésie homérique et la goûtait avec un sens que Malherbe n’a jamais eu : et s’il fallait chercher une source à ces vers, il faudrait la voir chez les Latins et les Italiens, ou même chez les Français, plutôt que dans la poésie grecque. Celle-ci ne disait rien à Malherbe : les écarts du lyrisme ne lui permettaient pas de régler ses vers sur ceux de Pindare.
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Albert Counson Malherbe et ses sources

Montchrestien songeait à écrire l’histoire de la Normandie ; Malherbe, si dédaigneux pour l’érudition, traduit Tite-Live et estime les travaux de traducteur et d’historien de Coeffeteau et de Faret ; Colomby traduit Justin et Tacite ; plus tard Saint-Évremond, dans ses Réflexions sur les Romains, devancera Montesquieu ; et n’a-t-on pas écrit un gros livre sur « le grand Corneille historien » ? Mais, si le poète s’attache à la froide raison, s’il n’est qu’un esprit juste ou même profond qui a le sens exact des choses et des hommes, de la vie publique et de l’histoire, où sera la poésie ?
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Albert Counson Malherbe et ses sources

Malherbe ne le place guère au-dessus du bon joueur de quilles, et je n’oserais dire à quoi le comparait Vauquelin [72] — car les Normands bravent parfois l’honnêteté. Qu’on ne parle pas pour lui de mission sociale ou de sacerdoce ; et, pour entendre à merveille l’histoire et la vie, que le poète ne s’imagine pas être le prophète et le mage de son époque. Amuseur patenté, mouleur de vers et de périodes, l’écrivain, pas plus qu’il ne doit étaler sa propre âme au public, ne peut prétendre à le conduire. L’art est son but à lui-même.
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