Paul Morillot

Boileau (1897)

Résumé

Paul Morillot Boileau (1897)

Ont-ils satisfait par avance toutes les aspirations de l'esprit humain? N'y a-t-il qu'à glaner après eux, comme a dit La Bruyère, ou bien n'y a-t-il pas d'autres moissons à récolter, aussi belles et aussi fortes, qu'ils n'ont pas semées? Ces grands événements qu'ils n'ont pas prévus, l'avènement du christianisme, la Réforme et plus tard la Révolution française, n'ont-ils pas élargi et enrichi le domaine de la pensée humaine, et, à supposer que depuis Virgile il n'y ait pas eu progrès dans la forme, n'y a-t-il pas eu de progrès dans le fond et dans la substance même de la poésie ?
Source : Gallica

Paul Morillot Boileau (1897)

La tragédie est épuisée après un Racine, « car les grandes passions et les grands sentiments tragiques ne peuvent pas se varier à l'infini d'une manière neuve et frappante. Tout a ses bornes. » II en est de même pour la comédie : il n'y a dans la nature qu'une douzaine, tout au plus, de caractères comiques: il faudrait que la nature en fît d'autres, pour que de nouveaux Molières fissent des Avare ou des Tartuffe. Aucun genre n'échappe à cette loi fatale. « Ainsi donc, conclut Voltaire, le génie n'a qu'un siècle, après quoi il dégénère. »
Source : Gallica

Paul Morillot Boileau (1897)

Même dans ses meilleures satires il manque toujours quelque chose, ou l'âpreté déchirante de Juvénal, ou la bonne grâce ironique d'Horace, ou le naturel indolent de Regnier; on y sent, à la vérité, ce qu'on ne rencontre pas toujours chez ses maîtres, l'accent d'un parfait honnête homme, qui déteste vraiment le vice dans le fond de son cœur et non pas des lèvres seulement. C'est le plus solide mérite de ces satires qui s'élèvent presque au rang des chefs-d'œuvre, sinon par lapuissance de l'inspiration, du moins par l'absolue sincérité et par le ferme bon sens qui les a dictées.
Source : Gallica

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