François de Malherbe,
Poésies de Malherbe
(1867)
“ C'est alors que ses cris en tonnerre s'éclatent, Ses soupirs se font vents qui les chênes combattent, Et ses pleurs, qui tantôt descendoient mollement, Ressemblent un torrent qui des hautes montagnes Ravageant et noyant les voisines campagnes, Veut que tout l'univers ne soit qu'un élément. Il y fiche ses yeux, il les baigne, il les baise, Il se couche dessus, et seroit à son aise S'il pouvoit avec eux à jamais s'attacher. Il demeure muet du respect qu'il leur porte ; Mais enfin la douleur, se rendant la plus forte, Lui fait encore un coup une plainte arracher. ”
