“ Ô Sévère, ô toi, la moitié de moi-même, reçois ce témoignage de souvenir que t’adresse ton cher Ovide. Ne me demande pas ce que je fais ici ; tu verserais des larmes si je te racontais en détail toutes mes souffrances ; il suffit que je t’en donne ici l’abrégé. Nous voyons chaque jour s’écouler sans un moment de repos, et au milieu de guerres continuelles ; le carquois du Gète y est l’aliment inépuisable des combats. ”
Ovide
Définition et enjeux
Ovide, poète latin du Ier siècle apr. J.-C., est célèbre pour ses œuvres telles que les Métamorphoses et L'Art d'aimer, où il combine mythologie, érotisme et réflexion sur l'exil. Ses lettres, comme celles adressées à Sévère ou à Salanus, dévoilent une profondeur introspective et une maîtrise du vers.
Des auteurs comme Gaston Boissier mettent en évidence sa tendance à la facilité imaginative, tandis que Henri Pasquier le rattache à un courant de sensualisme païen. Son héritage, marqué par l'humour et la mélancolie, continue d'inspirer des réflexions sur l'amour et la transformation, comme en témoignent les interprétations de ses contemporains et les thèmes liés, allant de Virgile à Sénèque.
Citations sur “Ovide”
“ Cet ami qui, dès son jeune âge, honora ta famille, aujourd’hui exilé sur les tristes bords du Pont-Euxin, Ovide, t’envoie, ô Messalinus, du pays des Gètes indomptés, les hommages qu’il avait coutume de t’offrir lui-même lorsqu’il était à Rome. Malheur à moi si, à la vue de mon nom, tu changes de visage ! si tu hésites à lire cette lettre jusqu’au bout. Lis-la donc tout entière ; ne proscris pas mes paroles, comme je suis proscrit moi-même, et que Rome ne soit pas interdite à mes vers. ”
“ Ovide te salue d’abord, ô Salanus, et t’envoie ces vers au rythme inégal. Puissent mes vœux s’accomplir et leur accomplissement confirmer mes présages ! Je souhaite, ami, qu’en me lisant, tu sois dans un état de santé prospère. Ta candeur, cette vertu presque éteinte de nos jours, m’oblige à former pour toi de semblables vœux. Quoique je fusse peu connu de toi, tu as, dit-on, pleuré sur mon exil ; et quand tu lus ces vers envoyés des rivages du Pont, quelque médiocres qu’ils soient, ton suffrage leur a donné du prix. Tu souhaitas que César mît enfin un terme à sa colère contre moi ”
