Résumé

Henri Pasquier Baudri, abbé de Bourgueil, archevêque de Dol… (1878)

A ces motifs chrétiens, qui entraînaient Baudri vers le cloître, s'en mêlaient d'autres d'un ordre moins élevé, mais bien dignes d'une âme noble et née pour les occupations de l'esprit. A tous les âges troublés, les âmes d'élite qui ne trouvent point dans les choses de la vie un lieu calme pour se reposer, se réfugient dans les belles-lettres comme dans un port. Baudri, chez qui le culte de la poésie ne le cédait qu'au culte de Dieu, était avide de se nourrir de littérature et de devenir un maître en l'art de bien dire.
Source : Gallica

Henri Pasquier Baudri, abbé de Bourgueil, archevêque de Dol… (1878)

Ce n'est qu'au XIIe siècle dans Baudri que nous trouvons, avec les charmes de la poésie servant de vêtement à la pensée de l'écrivain, l'exactitude et la vérité dans les récits. La croisade n'est pas à Baudri, comme la vie de Charlemagne au moine de Saint-Gall, un thème pour développer les beaux rêves de son imagination et l'idéal d'une campagne faite, au nom et sous la conduite du Christ, pour la liberté du christianisme. Ce n'est même pas, comme la vie de Robert d'Arbrissel, la matière d'un long panégyrique, fait pour l'édification des lecteurs.
Source : Gallica

Henri Pasquier Baudri, abbé de Bourgueil, archevêque de Dol… (1878)

C'est donc dans les vues les plus pures, les plus dignes d'un évêque, que Baudri écrivit l'histoire de la première croisade. Il mit toute sa foi de chrétien et toute son âme de poète à refaire, en artiste, cette histoire racontée d'abord simplement et sans art. S'il ajoute parfois des faits qu'il tient de témoins oculaires, la plupart du temps il se borne à donner la parure du style, le mouvement de l'enthousiasme au récit froid et simple du premier historien. Mais sa nature de poète lui permettait-elle d'écrire l'histoire, à la manière de ces anciens qu'il cite dans son prologue ?
Source : Gallica

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