“ Le serpent m’a trompée ; et j’ai mangé de ce fruit. 14 Alors le Seigneur Dieu dit au serpent : Parce que tu as fait cela, tu es maudit entre tous les animaux et toutes les bêtes de la terre : tu ramperas sur le ventre, et tu mangeras la terre tous les jours de ta vie. 15 Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre sa race et la tienne. Elle te brisera la tête, et tu tâcheras de la mordre par le talon. ”
Serpent
Définition et enjeux
Le serpent, sous-ordre des squamates, est un reptile carnivore caractérisé par un corps allongé, des écailles protectrices et une absence de membres. Son évolution, remontant au Crétacé, lui a permis d'adopter des modes de déplacement variés et de coloniser des milieux extrêmes.
Symbolisme ambivalent, le serpent apparaît dans les mythes comme figure de menace ou de métamorphose. Ainsi, Victor Hugo le représente comme un être féroce, tandis que Jules Bois le rattache au diable dans des rites magiques. Ces représentations, mêlant biologie et symbolisme, illustrent sa place centrale dans les cultures humaines, entre fascination et peur.
Citations sur le serpent
Thomas Mayne Reid,
La montagne perdue
(1884)
“ Un serpent à sonnettes peint en rouge vif, la tête et la queue dressées, les mâchoires ouvertes et la langue dardée comme pour frapper un ennemi invisible, enroulait ses anneaux en longs replis tortueux sur sa poitrine nue et bronzée ”
Jacques Arago,
Oeuvres illustrées de Jacques Arago
(1856)
“ La dent du serpent noir, je vous l'ai déjà dit, c'est le coup de foudre qui vous frappe au crâne, c'est l'acide hydrocyanique, c'est la mort la plus prompte,, la plus épouvantable à éprouver, la plus hideuse à voir. Et puis le serpent noir attaque l'homme plutôt qu'il n'est attaqué par lui. Il le guette, le surprend, se rue dessus. Il y a là un cadavre. Et puis encore il se cache traîtreusement avant de s'élancer, il se tait, et vous ne l'avez pas encore vu que déjà vous êtes frappé. J'aime mieux le lion qui rugit, le tigre qui rauque, le buffle qui pousse des mugissements. ”
Auguste Martin, Ma dernière folie : contes joyeux et autres poésies (1846)
“ Longtemps ce serpent destructeur, Ce serpent que gonflait la rage, Impunément exerça son ravage; Mais un jour, un beau jour, au soleil se vautrant, Il voit son ombre qui s'agite; Pour un autre reptile il prend Son image, et sur elle il fond, se précipite Avec telle fureur, qu'à la queue il se mord, Et de tant d'innocents venge sur lui la mort. ”
Jules Bois,
Le Satanisme et la magie
(1895)
“ À ton poing gauche tu suspens avec délicatesse le plus précieux, le plus indispensable instrument du maléfice, le reptile dans sa cage de verre, serpent, lézard ou crapaud, la bôte qui rampe, la bête cyclique, symbole de la lumière astrale, de l’âme du monde, du Diable ; la bête condensatrice des fluides, qu’écrasait Isis, qu’écrase la Vierge sur les autels, le monstre visqueux et froid où s’enrobe la grossière vitalité de l’univers. ”
Ph. Thomas-Lefebvre, Musée littéraire et scientifique de l'école et de la famille… (1859-1873)
“ Aussi avec quel noble sentiment de triomphe, avec quelle imposante majesté, il présenta tout à coup au regard du peuple le serpent redoutable des bords de l'Orénoque, le serpent jaune, celui dont l'aiguillon frappait de mort avec une effrayante rapidité ! Il avait saisi l'animal au-dessus de la tête et le contenait inoffensif. Quand il jugea que tout le monde avait reconnu la nature du serpent, il se découvrit la poitrine, arracha d'avance une poignée de feuilles, irrita le reptile et se fit blesser au-dessus du cœur. ”
Maurice Rollinat,
Les névroses : les âmes, les luxures…
(1883)
“ Auprès d'une rivière où des broussailles trempent, Dans des chemins perdus, monticuleux et roux, On les voit se traîner aux abords de leurs trous, Onduleux chapelets de vertèbres qui rampent. Oh, le serpent ! Le si fantastique animal Qui surgit brusquement des feuilles ou des pierres Et qui laisse couler de ses yeux sans paupières La lueur magnétique et féroce du mal ! Car il a des regards aussi froids que des lames, Qui tiennent en arrêt les moins épouvantés ; Car il pompe l'oiseau de ses yeux aimantés Et fait mourir de peur les crapauds et les femmes. ”
Adrien Rouquette,
La Nouvelle Atala
“ Non seulement le serpent est le plus fin des animaux, mais il est aussi le plus beau ! Semblable à un ressort animé, sans ailes, sans pieds et sans nageoires, il glisse sur la terre, s’élance dans l’air ou fend les flots, avec la promptitude et la vitesse de l’éclair qui sillonne le ciel. ”
Auguste Lestourgie, Rimes limousines, poésies, par Auguste Lestourgie (1863)
“ Ah ! si le monde entrait, vous auriez sa morsure, Ses dédains insultants, et jusqu'à votre amour, Bonheur, sérénité, tout fuirait en un jour. Le serpent d'autrefois, qui rampe et qui surveille, Se glisse et prend au cœur toute chose vermeille, Divine, chaste et grande; il caresse, il sourit, Et son âpre baiser, dont le front se flétrit, Devine les plus purs, ceux qui n'ont point de rides, Pour les mieux infecter de ses venins perfides. ”
Tertullien,
Œuvres complètes de Tertullien…
“ III. Que le serpent se cache donc autant qu’il peut, qu’il tourmente sa prudence dans les détours de ses retraites ténébreuses ; qu’il habite dans les lieux souterrains ; qu’il se plonge dans les sombres refuges ; qu’il déroule la chaîne de ses anneaux en mille sinuosités ; qu’il s’avance obliquement, sans se montrer jamais tout entier, bête ennemie du jour et de la clarté. ”
Virgile,
Œuvres de Virgile (coll. Panckoucke…
“ Tel que le voyageur dont le pied a pressé avec force, dans les ronces épineuses, un serpent inaperçu, se hâte, épouvanté, de fuir le reptile qui dresse sa tête menaçante et gonfle son cou bleuâtre : tel recule Androgée, tremblant à notre aspect. ”
Maurice Maindron,
La gardienne de l'idole noire
“ Oui, serpent, lorsqu’on t’accuse de vivre de la terre, c’est une simple figure. Tu te nourris, en vérité, de petits animaux terrestres, et tu te rends utile, selon ton pouvoir, en dévorant les créatures malfaisantes dont tu purges mon pourpris maraîcher. ”
James Fenimore Cooper,
L’Espion
“ La vue d’un serpent l’aurait fait tressaillir moins vivement que celle de l’objet contre lequel elle s’était appuyée, qu’elle avait pris dans les ténèbres pour un arbre, et dont elle ne reconnut la nature véritable qu’en ce moment. ”
Johann David Wyss,
Le Robinson suisse ou Histoire d'une famille suisse naufragée
“ FRANZ. Mais comment le serpent fait-il pour détacher la chair des animaux dont il se nourrit? Et cette espèce de serpent est-elle venimeuse?MOI. Non, mon enfant; mais elle n'en est pas moins terrible. Quant à la chair, il ne s'occupe pas à la détacher des os; il engloutit la peau et le poil, la chair et les os, et son estomac possède assez de vigueur pour tout digérer.ERNEST. Il me semble impossible aussi que le serpent puisse engloutir l'âne avec ses os.FRITZ. Regardez-le donc maintenant! ”
René Crevel, Le Clavecin de Diderot
“ Du serpent jailli de l’homme, du désir qui avait, d’abord, serpenté à l’ombre de l’arbre de la science, puis, soudain, s’était dressé pour se confondre avec le tronc vertical, dont, les racines doublaient, protégeaient, caressaient, enchantaient les veines extasiées du mâle, les artères délirantes de la femelle. ”
Jean Cocteau,
Vocabulaire, Poèmes
“ Méfions-nous: souvent le serpent est une arme, Sa tête un revolver dans la main des bandits. L'hercule du tréteau, qui mange de la neige, Vous a vaincu, monsieur l'athlète déloyal! Rendez cinquante francs, on vous tendait un piège; On ne s'attaque pas au vieux tigre royal. ”
Ludovic Sarlat, Aimer, prier, chanter, poésies… (1846)
“ C'est le serpent caché qui sous l'herbe se glisse, Qui des fleurs en passant souille le pur calice Et le remplit de son venin; Monstre aussi venimeux, aussi vil que l'insecte Qui dépose en secret une sanie infecte Sur les fleurs au parfum divin, Mais s'il trouve l'insecte arrosant de sa bave La plante qui s'élève ou bien la fleur suave, L'homme l'écrase sans pitié ! S'il voit sous le gazon glisser une vipère, Le cœur plein de dégoût plutôt que de colère, Il brise sa tête du pied ! ”
John Milton,
Le Paradis perdu
(1667)
“ Le serpent n’a pas trouvé qu’il fût mortel ; le serpent vit encore ; il vit, ainsi que tu le dis, et il a gagné de vivre comme l’homme, d’un plus haut degré de vie ; puissante induction pour nous d’atteindre pareillement, en goûtant ce fruit, une élévation proportionnée qui ne peut être que de devenir dieux, anges ou demi-dieux. ”
Victor Hugo,
Les Feuilles d’automne
“ Vois, mon fils ! cette terre, immobile à tes yeux, Plus que l’air, plus que l’onde et la flamme, est émue, Car le germe de tout dans son ventre remue. Dans ses flancs ténébreux, nuit et jour, en rampant, Elle sent se plonger la racine, serpent Qui s’abreuve aux ruisseaux des sèves toujours prêtes, Et fouille et boit sans cesse avec ses mille têtes. ”
Antony Landes, Contes et légendes annamites
“ Le serpent, touché de ce qu’il l’avait sauvé de la mort et lui montrait encore son affection en cherchant à le repêcher, lui donna une pierre précieuse [1] pour lui témoigner sa reconnaissance, et ensuite il le guida jusque chez lui. ”
A. Ollivier, Chefs-d'oeuvre d'éloquence sacrée… (1867)
“ Le serpent, auteur de nos maux, c'es-à-dire le démon, est maudit sur la terre comme il a été maudit dans les cieux; son ennemi, c'est le fils de la femme ; un jour viendra où le fils de la femme triomphera de toutes ses embûches et lui écrasera la tête. Tel est, Messieurs, le sens naturel et raisonnable de cette figure de langage empruntée aux circonstances dans lesquelles la promesse fut faite. ”
Henri-Raymond Casgrain,
Légendes canadiennes
“ C’était la tête d’un serpent à sonnettes. [2] Immobile, les yeux dilatés, le Sauvage observait les moindres mouvements du reptile qui s’avançait tout doucement et avec précaution, comme s’il eût eu la conscience de la force et de l’adresse de son redoutable adversaire. ”
Robert Louis Stevenson,
L’Île au trésor
“ Tout m’était nouveau : les fleurs, les oiseaux, les serpents. J’en vis un qui souleva sa tête au-dessus du rocher où il reposait, et qui me siffla dans la figure avec un bruit assez semblable à celui d’une toupie. Je ne me doutais guère que je me trouvais en présence d’un ennemi mortel et que ce bruit était celui du fameux serpent à sonnettes !... ”
Jean-Baptiste Delestre,
Études des passions appliquées aux beaux-arts…
(1853)
“ Que de vérité dans la convulsion de cette jambe que la dent du serpent meurtrit, dans l'expression de ces jeunes infortunés! Ils se débattent impuissants sous ces liens vivants serrés par la main d'un dieu. ”
“ Arrivé au sommet de la montagne, elles prirent leur vol plus rapides qu’un trait et battant bruyamment des ailes : elles avaient été effrayées par la vue d’un serpent horrible, entr’ouvrant sa gueule effroyable et mortelle, et se précipitant d’un hêtre antique et couvert de branches épaisses. ”
Louis Clauet, Légendes de l'histoire... (1870)
“ Sans doute. Nous n'adorons point le soleil et les astres, comme les Persans, ni d'impuissants simulacres de bois ou de pierre, dont les yeux ne voient pas, et dont les oreilles n'entendent point. Nos ancêtres nous ont enseigné un culte plus raisonnable, le culte d'une divinité qui se révèle à nous sous une figure vivante, sous la figure -d'un serpent. - Vous adorez un serpent ? - Ce n'est pas un serpent ordinaire. Il n'a point de venin et son attouchement n'est pas malfaisant. Il guérit nos maladies, favorise nos entreprises, protège la ville et en écarte les fléaux. ”
Charles Louandre, Revue des Deux Mondes
“ Sont-elles là pour troubler les moines dans leurs prières ? Que nous veulent ces singes, ces lions, ces centaures, ces êtres moitié hommes et moitié bêtes ?... Là ce sont plusieurs corps avec une seule tête, là plusieurs têtes sur un seul corps ; c’est un quadrupède avec une queue de serpent, un serpent avec une tête de quadrupède. ”
Émile Soldi, Les Arts méconnus, les nouveaux musées du Trocadéro… (1881)
“ Tantôt c'est par l'imagination et l'effet presque effrayant que produit cet immense serpent, dont les longs enroulements, soutenus par des divinités, se terminent par sept têtes partant d'un même point et formant un rayonnement fantastique d'une disposition ingénieuse, jusquelà complètement inconnue. ”
Émile Senart,
Essai sur la légende du Buddha…
(1875)
“ Le serpent, tour à tour monstrueux et ennemi du dieu lumineux, ou favorable et bienfaisant, bon génie du foyer ou du temple, gardien des fontaines et symbole de la santé, prophète et recéleur de trésors, monstre dont les dents de flamme engendrent des luttes fantastiques dans les champs du ciel labourés par le soc de l'éclair ”
John Milton,
Le Paradis perdu
(1847)
“ En parcourant ainsi toute la terre, explorateur attentif, il avait étudié avec une attention profonde toutes les créatures, et recherché la plus apte à ses fourbes desseins. Il avait remarqué que, de tous les animaux créés sur la terre, le serpent était le plus rusé. ”
Auguste Vacquerie,
Depuis
(1894)
“ L'homme et la femme, nus, grossiers, pareils aux bêtes, Sans souci de ce qui rayonnait sur leurs têtes, Sans pitié de ce qui souffrait sous leur talon, Végétaient dans l'Éden. Au dernier échelon Des êtres, le serpent rampait dans les ordures, Et, ses peines étant de toutes les plus dures, Parfois, rageant, debout de son long, l'oeil en feu, Il s'efforçait d'atteindre au ciel pour mordre Dieu. ”
“ Un petit serpent rouge brique, gros comme une forte plume et long de cinq à six pouces, sort à demi sa tête plate de l’un de ces énormes calices parfumés, où il est blotti et lové... Au fond de l’ajoupa, un jeune homme, étendu sur une natte, est profondément endormi. ”
René Moriceau, Notice sur saint Girard de Bazouges… (1893)
“ Le serpent, le renard, les oiseaux, Satan, les tyrans, reconnaissent tour à tour son empire. Avec un signe de croix, une prière, un simple attouchement, il opère des prodiges, et les consciences mêmes n'ont pas de secrets pour lui. ”
Charles Baudelaire,
Œuvres complètes de Charles Baudelaire
“ Hachez-la en nombreux fragments, et vous verrez que chacun peut exister à part. Dans l’espérance que quelques-uns de ces tronçons seront assez vivants pour vous plaire et vous amuser, j’ose vous dédier le serpent tout entier. ”
A. de Quatrefages,
Revue des Deux Mondes
“ Au-dessous s’agitent dans l’herbe le hideux serpent à sonnette, le serpent noir, qui fait la chasse au précédent sans craindre ses redoutables crochets, le serpent de verre, dont le corps se brise au moindre choc. ”
Dante Alighieri,
La Divine Comédie
“ Je considérais les esprits : un serpent, dont trois pieds armaient chaque flanc, s’élance vers l’une des ombres et s’attache tout entier à son corps ; il lui serre la poitrine avec les pieds du milieu, saisit les bras, des pieds de devant, puis il lui fait une profonde morsure dans les deux joues ”
Adèle Hommaire de Hell,
A travers le monde : la vie orientale…
(1870)
“ Ils vivent au milieu de tous ces fléaux sans en éprouver d'émotion. Le serpent seul les inquiète et devient la source de mille précautions puériles, de conversations intarissables remplaçant pour eux les questions d'art, de science, de littérature qui leur sont un peu trop étrangères. ”
Gérard de Nerval,
Les Filles du feu
“ Le serpent qui entoure le monde est béni lui-même, car il relâche ses anneaux, et sa gueule béante aspire la fleur d'anxoka, la fleur soufrée,—la fleur éclatante du soleil! ”
Henri Estienne, La Défense et illustration de la langue française…
“ Ainsi un serpent, dépouillé de sa vieille peau, quitte sa retraite, couvert d'une nouvelle écaille; il se sent rajeuni et, plus robuste que jamais, il darde sa langue à trois pointes; ses yeux étincellent et partout où il passe les animaux lui cèdent la place. ”
John Tanner, Mémoires de John Tanner
“ Le serpent a quelque chose de mystérieux chez tous les idolâtres des Indes orientales, de la Chine et du Japon, comme chez tous les anciens païens ; c’est aussi la même chose chez tous les sauvages de l’Amérique. ”
La Guyane française, notes et souvenirs d'un voyage exécuté en 1862-1863… (1867)
“ Le serpent est partout, dans l’herbe et sous la pierre, caché dans le tronc de l’arbre mort, pendu aux branches verdoyantes, brillant au soleil ou dérobé dans l’ombre. Avec l’habitude que l’on a de dormir fenêtres et portes ouvertes, le serpent a ses grandes et petites entrées dans les maisons. ”
Johann David Wyss,
Le Robinson suisse ou Histoire d'une famille suisse naufragée
“ MOI. On a attribué au serpent à sonnettes une puissance fascinatrice; on prétend que la fixité de son regard attire sa proie avec un pouvoir tellement irrésistible, qu'elle vient elle-même se livrer à la gueule béante de son ennemi. ”
Victor Hugo,
Notre-Dame de Paris
(1831)
“ La corde qu’elle avait au cou traînait derrière elle. On eût dit un serpent qui la suivait. ”
Antony Landes, Contes et légendes annamites
“ « Vieux, le serpent se dépouillera ; vieux, l’homme mourra et entrera au cercueil. » C’est pourquoi toutes les créatures sont sujettes à la mort, sauf le serpent qui, devenu vieux, change de peau et vit immortellement. ”
John Milton,
Le Paradis perdu
(1847)
“ Il ne t'est pas inconnu le serpent, la plus subtile bête des champs , d'une immense étendue quelquefois : ses yeux sont d'airain, sa crête se hérisse terrible, quoiqu'il te soit inoffensif et qu'il se soumette à ton appel. ”
Louis Ménard,
Le Parnasse contemporain/1866
“ Posé sur ses cheveux comme un blanc papillon, Sa robe à chaque pas soulevée autour d’elle, Elle fuit, elle fuit, gracieux tourbillon, Et coupe d’un éclair mon loisir monotone. Et c’est alors qu’au fond de mon cœur qui s’étonne, Malgré le froid d’enfer que l’étude répand, Les écrits, les calculs, les veilles et les rides, Et tous les nénufars des sciences arides, Le désir irrité se tord comme un serpent. LA NOCE DES SERPENTS Un groupe de serpents, sur l’herbe printanière, Se livre avec furie aux amoureux ébats ”
Paul Verlaine,
Poèmes saturniens
“ — Et tu coules toujours, Seine, et, tout en rampant, Tu traînes dans Paris ton cours de vieux serpent, De vieux serpent boueux, emportant vers tes havres Tes cargaisons de bois, de houille et de cadavres ! ”
